Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, a présente, ce Lundi, au Secrétaire général de l’ONU à New York, Ban Ki-moon, un plan permettant le retrait israélien de la partie nord de Ghajar. Ils se rencontreront cette lundi à New York.
Ce plan qui prévoit le retrait des forces israéliennes de la partie nord de Ghajar. La localité de Rajar, non loin de Metula, se trouve en territoire libanais.

Le retrait des troupes Israéliennes du village de Ghajar, serait en en coordination avec la Force intérimaire de l’ONU au Liban (Finul) et conforme à la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU stipulant un retour des forces au niveau de la Ligne bleue, ligne d’armistice de 1949.

Tsahal contrôle la partie nord de Ghajar, où vivent quelque 1.500 habitants. Elle a érigé une clôture provisoire de sécurité pour empêcher l’infiltration de terroristes chiites du mouvement libanais dans la partie sud où vivent de 500 à 800 habitants. Les habitants de Ghajar, des musulmans Alaouites d’origine syrienne, ont tous obtenu à leur demande la nationalité israélienne.

Après le retrait israélien unilatéral du Liban sud en 2000, la Ligne bleue tracée par l’ONU fixant la frontière libano-israélienne, a placé un tiers du village au Liban et les deux autres dans le secteur contrôlé par Israël.
À plusieurs reprises, entre 2007 et juillet 2009, le gouvernement israélien évoque la question d’un retrait de Ghajar-Nord, ayant reçu l’assurance du gouvernement libanais et de la Finul que la ville serait prise en charge (à l’intérieur par la Finul, à l’extérieur par les forces armées libanaises).

En 09/2009 Benyamin Netanyahu a appelé Avigdor Lieberman à préparer un plan de retrait de Ghajar et, murmure-t-on, des fermes de Cheba’a.
Ghajar est un petit village (2 000 âmes), situé à l’extrême-nord du plateau du Golan, à quelques kilomètres à l’ouest des fermes de Cheba’a et d’une rivière (peu connue mais néanmoins géographiquement fondamentale), le Wadi el-‘Assal, dans la vallée du Hasbani.

Les habitants sont Alaouites, de la même minorité que la famille Assad, à la tête de la Syrie depuis 1970. Jusqu’ici, pas de problèmes. Ces quelques Alaouites vivent entourés de chi’ites (majoritaires au Sud-Liban), de sunnites (majoritaires à Cheba’a) et de Druzes -qui peuplent le village de Majdal Chems, dans le Golan.

Le village de Ghajar est coupé en deux. Le Nord, libanais, est occupé par l’Armée israélienne et le Sud, israélien, fait partie intégrante du Golan, annexé en 1981. Le problème est que les habitants se considèrent Syriens. Au XIXe siècle, sous l’Empire ottoman, les frontières -autres qu’administratives- n’existent pas. On soupçonne Ghajar d’être artificiellement libanais sous la »Sublime Porte » mais, entre 1920 et 1923 -alors que Français et Britanniques s’arrachent les frontières de leurs futures zones mandataires- le village est placé en Syrie (tout comme les fermes de Cheba’a), à quelques mètres de la frontière libano-syrienne.

En mai 2000, après le retrait israélien du Sud-Liban, Miklos Pinther -le cartographe des Nations unies alors en charge de tracer la ligne bleue séparant Israël du Liban- se voit donc obligé de tracer la frontière libano-golanaise au milieu du village, le coupant selon sa rue principale.
Le nord de Ghajar, libanais, est libéré de l’Armée israélienne tandis que le sud se trouve sous administration de l’Etat hébreu. La « ligne bleue » scinde le village en deux, séparant des familles entières. Les habitants du nord de Ghajar disposent des nationalités libanaise et israélienne. Ceux du sud étant uniquement israéliens.

Les habitants de Ghajar sont originaires de Syrie, ils ont la citoyenneté israélienne et vivent sur la frontière libanaise. Si le village se trouve officiellement sur les cartes libanaises, les habitants -Alaouites- se considèrent syriens. À aucun moment durant le siècle dernier, les Ghajaris ne se sont considérés libanais. Exemple éloquent : peu après 1967, les villageois de Ghajar adresse une pétition officielle au gouverneur israélien du Golan, lui demandant explicitement d’intégrer Ghajar au Golan -et donc d’être soustuelle israélienne. Pragmatiques, les Ghajaris acceptent d’être sous administration israélienne, en attente d’être « restitués » à la Syrie.

Les Ghajaris ne voient pas d’un très bon œil le retrait israélien de la partie nord du village, redoutant des représailles de la part du Hezbollah -en souvenir de 1981, où les Ghajaris ont réclamé la nationalité israélienne. Souleiman Mouhammad Abou Hassan el-Khatib, le maire du village a expliqué : « Nous ne voulons pas devenir des réfugiés au Liban et nous faire massacrer par le Hezbollah. »

Le retrait israélien du nord de Ghajar fera de sorte que la moitié des habitants de ce village se retrouveront sous l’emprise du pouvoir libanais.Pour les habitants de Ghajar la situation est gênante puisque les Ghajaris ont accepté la nationalité israélienne en 1981 (alors que la plupart des fermiers libanais de Cheba’a l’avaient refusée).

Ftouh Souhail

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