Les services secrets israéliens ont un nouveau chef depuis cette semaine .
Le nouveau chef du Mossad, Tamir Pardo, a pris officiellement ses fonctions le 6 janvier 2011, à l’occasion d’une cérémonie officielle, mais discrète, bien sûr. Il remplace Méir Dagan qui a fait valoir ses droits à la retraite. Tamir Pardo a été choisi pour succéder à Meir Dagan qui a occupé le poste pendant 8 ans.
Pardo a longtemps été numéro 2 du Mossad avant de démissionner, il y a 24 mois, après une mini-affaire avec Méir Dagan. Lors de son service militaire, Pardo était dans le Commando de l’Etat-Major (Sayeret Matkal), sous le commandement de Yoni Netanyahou, le frère de Benjamin, tombé au combat lors de la libération des otages d’Entebbe en 76.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré que Pardo « a une vaste expérience dans tous les domaines dans lesquels le Mossad travaille depuis plusieurs décennies. Pardo est la personne idéale pour diriger l’organisation au cours des prochaines années, à la lumière des défis complexes auxquels l’État d’Israël fait face ».
Le Buldozer vétéran du Raid d’Entebbe (1976), il servait alors sous les ordres du frère de l’actuel Premier Ministre, Yoni Netanyahou. Tamir Pardo a servi dans l’une des plus prestigieuses unités israéliennes, Sayyeret Matkal qui a compté dans ses rangs l’actuel Premier ministre Benyamin Netanyahu et son frère Yonathan (mort pendant le raid sur Entebbe en 1976) ainsi que le ministre de la Défense Ehud Barak. Tamir Pardo a ensuite intégré le Mossad en 1980 et en a gravi tous les échelons. « T » a servi comme numéro deux de l’agence, avant de la quitter en 2009. Puis d’être finalement rappelé pour en prendre la direction.
Tamir Pardo succède à Meir Dagan, avec lequel il a donc étroitement collaboré ces dernières années. Né il y a 65 ans en URSS, Meir Dagan a dirigé le Mossad pendant 8 ans. Durant cette période, l’ombre du Mossad a plané sur une série d’opérations courageuses visant de dirigeants terroristes du Hezbollah libanais et du Hamas palestinien. Beaucoup de spéculations ont également eu cours sur le rôle des services israéliens dans la lutte souterraine contre le programme nucléaire de l’Iran.
A l’heure du bilan, un épais mystère entoure toujours les opérations menées sous sa direction. Le Mossad a fourni les informations ayant abouti au raid aérien sur l’installation secrète syrienne (peut-être nucléaire) d’Al Kibar en septembre 2007. L’agence dirigée par Meir Dagan a reussi à faite tomber le chef militaire du Hezbollah libanais, Imad Moughnyeh, tué dans l’explosion de sa voiture à Damas en 2008.
L’Etat hébreu n’a admis aucune de ces opérations, pas plus qu’il n’a revendiqué l’assassinat de Mahmoud Al Mabrouh, cadre terroriste du Hamas palestinien, retrouvé mort dans sa chambre d’hôtel à Dubai en janvier 2010.L’affaire a eu des conséquences embarrassantes pour Israël. Plusieurs pays, dont la France, ont dénoncé l’usurpation de passeports appartenant à certains de leurs ressortissants. Des identités « volées » pour servir de couverture au commando auteur de l’assassinat. Suite à cette affaire, la Grande-Bretagne et l’Australie ont chacune expulsé un diplomate israélien…
A la tête du Mossad, Tamir Pardo hérite du dossier du nucléaire iranien. Israël considère qu’un Iran doté de la bombe atomique constituerait une menace pour son existence. Déjà le jour où le Premier ministre israélien annonçait la nomination d’un nouveau chef pour le Mossad, un scientifique nucléaire iranien de haut-rang périssait dans l’explosion de sa voiture à Téhéran. Et le président iranien Ahmadinejad admettait publiquement que les installations nucléaires de son pays avaient été touchées par un virus informatique (Stunxnet). Mais rien ne confirme aujourd’hui une quelconque implication du Mossad.
Ftouh Souhail
