L’un des plus grands agents iraniens de haut rang, opérant en Syrie et au Liban, vient d’être éliminé à la capitale syrienne.
Sultan Halil, le premier responsable des renseignements et de l’activité secrète à Damas et à Beyrouth pour le compte des gardes de La Révolution , qui opère à l’extérieur des frontières de l’Iran, a été abattu dans le quartier le plus riche et le mieux protégé de Damas.
Un groupe d’hommes armés a fait irruption dans sa somptueuse villa pour le tuer. Ils ont pris des documents et des ordinateurs portables.
Pour les Syriens, Sultan Halil était l’agent iranien de plus haut rang opérant en Syrie et au Liban contre des éléments anti iraniens.
Du point de vue iranien, Sultan Halil était un ami personnel et l’une des personnes les plus proches du commandant des brigades Al Quds (1) le Général Kassam Suleimani. Ce dernier est le plus haut cadre iranien concentrant les activités de renseignement les plus secrètes de l’Iran. Sultan Halil était également un ami personnel d’un autre Général iranien qui a déserté vers l’Ouest. Il s’agirait du Général Razi Baba Hussein.
La personne éliminée est officiellement le représentant des automobiles iraniennes Kordo en Syrie et en Libye. C’était une couverture à sa réelle fonction de responsable des renseignements et de l’activité secrète à Damas et à Beyrouth pour le compte des gardes de La Révolution. Dernièrement, Sultan était derrière les opérations du Renseignement syrien d’arrestations d’exilés iraniens résidant en Syrie.
Cette élimination a ébranlé les directions des systèmes de Défense syriens et iraniens. L’exécution d’une telle personnalité opérant dans le secret absolu dans le quartier le plus riche et le mieux protégé de Damas, est un coup dur pour le Renseignement et pour le régime de Damas. Cela s’ajoute à la longue liste des personnalités du Hezbollah et du Hamas qui ont été exécutées dans la capitale syrienne dont entre autres, le chef terroriste Imad Moughnieh.
La disparition de Sultan Halil, responsable d’arrestations d’exilés iraniens à l’étranger, est une bonne nouvelle et un soulagement pour les opposants et ressortissants iraniens, qui ont fuit la dictature de leur pays. L’élimination de ce haut responsable des renseignements et de l’activité secrète est aussi une réussite incontestable contre les activités du ministère du renseignement et de la sécurité iranien (Vevak). Ce dernier mène des missions aussi variées que diverses. Les services de Téhéran ont mis en place un maillage serré dans tous les pays et sur l’ensemble de la planète.
Les services de renseignement occupent depuis toujours une place privilégiée au sein de l’Etat iranien. En effet, c’est en grande partie sur eux que repose la sécurité du régime théocratique. Leur mission première est de combattre tous les démocrates et intellectuels qui s’opposent au régime des mollahs à intérieure ou à l’extérieure. Ainsi, traditionnellement, ces services ont toujours fait une chasse féroce aux opposants politiques, ethniques ou religieux.
La seule mission du ministère du renseignement et de la sécurité (Vevak) consiste à éliminer tout ce qui pouvait être considéré comme une opposition directe ou potentielle au régime des mollahs, aussi bien en Iran qu’à l’étranger.
Les agents officiels du (Vevak) servent généralement à l’étranger sous couverture diplomatique. D’ailleurs, le (Vevak) agit en étroite coopération avec le ministère des Affaires étrangères. Certains ambassadeurs iraniens sont même des officiers traitants du Vevak, chose qui est impensable dans tout pays ayant une apparence minimum de démocratie…
Pour leur part, les agents clandestins sont souvent des personnels d’Iran Air, de l’agence de presse IRNA, de la radiotélévision IRIB, d’associations culturelles ou caritatives (la Fondation des martyrs, la Fondation des opprimés et des dépossédés, l’Organisation pour la culture et les relations islamiques, etc.), des étudiants, des hommes d’affaires, des commerçants, des employés de banques, des médecins, des infirmières, etc. Même le Croissant Rouge iranien sert à l’occasion de couverture. Certains des agents clandestins ont réussi à infiltrer les divers mouvements d’opposition iraniens installés à l’étranger. Leur mission consiste alors, non seulement à surveiller de l’intérieur ces mouvements jugés hostiles, mais aussi à se livrer à des opérations d’intoxication et de désinformation.
Les banques iraniennes, comme la banque Melli, servent également à fournir discrètement les fonds nécessaires à la vie des réseaux constitués par les officiers traitants du Vevak.
Etant donné le nombre important d’officiers traitants résidant à l’étranger, il est évident que toutes les grandes capitales en accueillent plusieurs. Traditionnellement, l’Irak, l’Arabie saoudite, les pays du Golfe persique et d’Asie centrale constituent des objectifs importants pour les services iraniens.
Un des plus important poste du (Vevak) à l’étranger se trouve situé à Damas en Syrie. En dehors du fait que la capitale syrienne est géographiquement intéressante car elle permet de couvrir le Proche-Orient, des liens étroits unissent le Vevak avec les services de renseignements militaires syriens.
Les Syriens, les Soudanais, les Libyens, les Russes et les Tadjiks constituent également des interlocuteurs privilégiés pour le Vevak avec lequel ils échangent fréquemment des informations.
Etant donné l’intérêt stratégique de la zone, des postes sont également présents au sein des représentations diplomatiques iraniennes en Syrie, Arabie saoudite et dans les Emirats arabes unis (EAU), particulièrement à Dubaï et à Barhein. Ces pays zone servent à faire transiter discrètement des fonds en provenance d’Iran vers le Hezbollah libanais.
En Europe, des postes importants ont été localisés à Paris, Bruxelles, Berlin (précédemment à Bonn), Vienne, Genève, Nicosie (Chypre), Ankara et Istanbul.
Ftouh Souhail / ISRAEL 7 / Centre Français de Renseignement
(1) Les brigades Al Quds sont la branche opérationnelle terroriste des gardes de la Révolution qui opère à l’extérieur des frontières de l’Iran.