Jérusalem a demandé aux émissaires français et américains d’user de leur influence pour empêcher Mahmoud Ahmadinedjad de se rendre à la frontière israélo-libanaise.
Depuis un mois et l’annonce de la venue d’Ahmadinejad au Liban, Jérusalem met la pression sur l’Europe, les Etats-Unis et le monde arabe pour faire annuler cette visite. Toutes les chancelleries se sont vues opposées une fin de non-recevoir de la part du gouvernement mi-islamiste du Liban.
Israël a renforcé la sécurité à ses frontières avec le Liban en prévision à la visite du président Mahmoud Ahmadinejad au Liban. L’armée et la police israéliennes se tiennent en alerte à l’approche de la visite du président iranien au Liban
Les sources provenant du Sud-Liban et des forces de sécurité indiquant que les Israéliens ont renforcé l’équipement de surveillance sur la frontière avec le Liban et déployé une forte protection militaire. Les sources ont également relevé que plusieurs dirigeants militaires israéliens, y compris le chef d’état-major des Forces de défense israéliennes (IDF), le général Gabi Ashkenazi, se sont aussi rendus dans la région.
Ahmadinejad arrivera à Beyrouth le 13 octobre pour une visite officielle de deux jours. Il devrait effectuer une visite au Sud-Liban et inspecter la ville de Maroun al-Ras, qui avait fait l’objet de violents affrontements entre le Hezbollah et Israël en 2006.
Un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères a qualifié vendredi 1 octobre 2010 d »inquiétante et déstabilisante » la visite au Liban prévue en octobre du président iranien Mahmoud Ahmadinejad.
Les Etats-Unis ont fait part au gouvernement libanais de leur préoccupation en prévision de la visite la semaine prochaine du président iranien Mahmoud Ahmadinejad au pays du Cèdre. La secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, s’est entretenue avec le président libanais Michel Sleimane en marge de l’Assemblée générale de l’Onu le mois dernier, et lui a souligné que »l’Iran, grâce à ses relations avec des organisations telles que le Hezbollah, ébranle la souveraineté du Liban », a indiqué le porte-parole du département d’Etat, Philip Crowley.
Il s’agira de la première visite du conservateur Ahmadinejad au Liban depuis son élection à la présidence en 2005. Il a été élu pour un second mandat en 2009.
La première visite du président iranien Mahmoud Ahmadinejad au Liban, qui devrait se rendre dans le sud frontalier d’Israël, suscite d’ores et déjà une controverse au Liban, certains y voyant un message pour montrer que le pays est une « base iranienne » aux portes de l’Etat hébreu.
Sur fond de critiques croissantes contre sa tournée envisagée au Sud-Liban, un groupe islamiste sunnite du nord de la ville libanaise de Tripoli a envoyé un message de “non-bienvenue” au dictateur iranien Mahmoud Ahmadinejad, plusieurs bannières et des photos du président chiite iranien, dénoncent la visite qu’Ahmadinejad doit faire au Liban les 13 et 14 octobre. “Vous n’êtes pas le bienvenu au Liban» est écrit en arabe sur une banderole du quartier d’Abou Samra.
Dans une autre partie de la ville, on voit une image du leader fasciste, barrée d’un X sur son visage et du message “wilayat al-Faqih n’est pas la bienvenue ici” (cdlr: la tutelle religeuse islamique iranienne).
La coalition pro-occidentale au Parlement libanais a notamment qualifié la visite du président iranien de »provocation », estimant que sa tournée au sud transmettrait le message que l’Iran est à la frontière d’Israël et que Beyrouth est sous la botte de Téhéran.
Selon des responsables politiques, il doit également rencontrer Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah, le puissant parti chiite allié de l’Iran et que Washington accuse d’être armé par Téhéran pour lutter contre Israël.
« C’est un message pour dire que l’Iran est à la frontière d’Israël », a déclaré Farès Souaid, coordinateur général de la coalition du « 14 mars », majoritaire au Parlement et dont est issu le Premier ministre Saad Hariri. Par cette visite, il veut dire que Beyrouth est une zone sous influence iranienne, que le Liban est une base iranienne sur la Méditerranée », a-t-il estimé. C’est une provocation, il n’a pas à aller là-bas », a dénoncé M. Souaid.
Pour la coalition majoritaire, soutenue par les Etats-Unis et l’Arabie Saoudite, et qui critique l' »ingérence » de Téhéran au Liban et son influence auprès du Hezbollah, la visite du dictateur perse prend également une dimension régionale et internationale.
« Au moment où les négociations sont en cours entre Palestiniens et Israéliens, le président iranien va dire que le Liban est une terre de résistance et réaffirmer son projet de guerre continue contre Israël », estime M. Souaid.
« Il rappelle à la communauté internationale que la sécurité d’Israël est entre les mains de son pays, à travers le Hamas (palestinien) et le Hezbollah et qu’il faudra donc négocier avec Téhéran, » poursuit-il.
Washington avait accusé en avril 2010 l’Iran et son allié syrien de livrer au Hezbollah des roquettes et des missiles de plus en plus sophistiqués pouvant être utilisés contre Israël.
Les services de renseignements israéliens ont prévenu qu’une nouvelle guerre avec le Hezbollah sur la frontière nord d’Israël avec le Liban ne peut être écartée, à la suite des tensions accrues entre les forces de maintien de la paix de l’ONU et les supporters du Hezbollah dans le sud du Liban.
Et comme pour provoquer les israéliens, les iraniens ainsi que les éléments provocateurs du Hezbollah vont inaugurer un jardin à la frontière avec Israël qui fait l’éloge du terrorisme et honore la mémoire des terroristes chiites.
Perché sur une colline surplombant Israël, un immense jardin aux activités « politiquement orientées » sera inauguré le 13 octobre par le président iranien Mahmoud Ahmadinejad sur la colline de Maroun el-Rass.
Le « Jardin d’Iran » comprend un grand espace vert regroupant sur une large superficie tous les symboles réunis de l’Iran et de la résistance libanaise. Outre le nom du jardin qui est dédié à la République islamique, c’est un dégradé de photos à l’effigie des hauts responsables iraniens et de leurs martyrs qui accueille le visiteur à chaque niveau de l’esplanade. Des panneaux d’information présentant les principales villes et localités touristiques d’Iran encadrent tout au long de l’allée l’entrée des trente-trois paillotes plantées face à la frontière, avec vue sur « l’ennemi ».
« Trente-trois, pour représenter le nombre de jours qu’a duré l’agression israélienne contre le Liban, en juillet 2006 », s’empresse d’expliquer Sleiman Karnib le contremaître, avant d’affirmer sans ambages que le projet dans son ensemble « se veut être une provocation pour l’État hébreu ».
Le spécialiste des questions du Moyen-Orient, Mohammad Shariati Dahaghan, a déclaré qu’Ahmadinejad avait grand besoin de voyager au Liban, afin qu’il puisse procéder à des manipulations et à de la propagande servant à couvrir médiatiquement ses problèmes domestiques, en particulier dans le domaine économique.
La télévision du Hezbollah, Al Manar, a même diffusé un spot dans lequel elle appelle les Libanais à accueillir en masse le président iranien Mahmoud Ahmadinejad. Le groupe chiite terroriste a appelé les habitants à participer massivement à des démonstrations pro-iraniennes, tout le long du parcours entre l’aéroport et les sites qui seront visités par le dictateur iranien.
“Nous vous demandons d’accueillir le président Mahmoud Ahmadinejad, mercredi tout au long de la route de l’aéroport”, a dit le leader du groupe islamiste sur Al-Manar. Puis, comme pour rappelé ses intentions agressives, il déclame: «Le Liban est le pays de la résistance – bienvenue à notre famille». Le communiqué vidéo était co-signé par le Hezbollah et le groupe Amal, un mouvement politico-terroriste lié au “parti de Dieu”.
Ftouh Souhail
