Prix Nobel ou médailles prestigieuses, la liste s’allonge chaque année et les Israéliens n’ont pas fini de faire parler d’eux à l’échelle internationale.
Le « Nobel alternatif », prix suédois récompensant des initiatives visant à améliorer la qualité de vie, a été décerné il y’a quelques jours à Stockholm (en Suéde) à des médecins israéliens ainsi qu’à des écologistes nigérian et brésilien et à des humanitaires népalais (1).
« Le Right Livelihood Prize 2010 récompense la puissance du changement venu de la base » et récompense « quatre lauréats qui se partageront les 200.000 euros de prix », déclare le jury dans un communiqué.
L’organisation israélienne « Médecins pour les droits de l’Homme-Israël » a été distinguée « pour son esprit indomptable de travail en faveur du droit à la santé pour tous en Israël et en Palestine ».
« Le véritable changement commence à la base : des médecins qui n’ont pas attendu les politiciens pour agir afin de mettre fin aux souffrances inutiles au Proche-Orient ; des villageois qui se sortent seuls de la pauvreté ; des mouvements écologistes qui réunissent victimes et désastres écologiques », souligne le fondateur du prix et président du jury, Jakob von Uexkull dans le communiqué.
Ancien philatéliste germano-suédois, M. von Uexkull a fondé en 1980 le Right Livelihood Prize (Prix de l’Existence décente) pour, chaque année, « honorer et soutenir ceux qui offrent des réponses pratiques et exemplaires aux défis les plus urgents auxquels nous faisons face ».
Fondée en 1988, lors de la premier Intifada, « Médecins pour les droits de l’homme – Israël » (PHR-Israël) est une organisation médico-humanitaire. Le but central de l’association est d’agir dans le domaine de la dignité humaine, du bien-être de l’esprit et du corps et surtout pour le droit à la santé pour tout homme.
Elle est surtout connue pour sa défense des droits des Palestiniens, elle œuvre aussi beaucoup en Israël même. Elle s’est fixé pour mission de lutter partout où les droits de l’homme sont sont en dangers. Elle agit aussi bien sur le plan individuel que collectif. Les actions de l’association sont basées sur les principes de l’éthique médicale et sur les Conventions internationales du personnel médical.
Ses deux grands axes d’action sont premièrement faire pression pour changer l’attitude des politiques nuisibles au droit aux soins pour chacun et deuxièmement fournir les soins à tous ceux qui, en situation difficile, ont des difficultés à les recevoir.
Une des premières activités de l’association lors de sa création fut d’aller visiter les hôpitaux dans la bande de Gaza et de protester contre l’usage, selon elle, des soins médicaux comme moyen de contrôle sur la population locale. PHR – Israël prend souvent des positions proches des points de vus palestiniens et publie des rapprots controversées sur des prétendus cas de torture des détenus sécuritaires palestiniens.
Les activités de PHR – Israël se sont beaucoup développées depuis. Elle agit sur la santé dans le sens le plus large et appelle à la solidarité sociale au sein et en dehors des frontières d’Israël.
Ses champs d’action sont nombreux aujourd’hui : les travailleurs émigrés, les sans-papiers, les prisonniers et détenus, ceux qui n’ont pas de statut social et ne peuvent donc pas bénéficier d’un système d’assurance de santé, les femmes victimes de violence domestique, les Bédouins des villages non reconnus dans le Néguev …
En tant qu’Organisation des droits de l’homme, l’association a ouvert en 2008 de nouveaux locaux à Jaffa où elle s’occupe des réfugiés, des demandeurs d’asile venant d’Afrique, des migrants, de ceux qui sont dans la rue, des femmes battues… Á cet endroit, idéalement placée, elle est proche de toutes les populations : arabes, juifs, riches et pauvres…
PHR – Israël a meme lancé une clinique mobile qui se déplace dans les territoires palestiniens (2) ainsi qu’une clinique ouverte à Tel Aviv qui fournit des soins à tous ceux qui n’ont pas de statut juridique (3). Un autre sujet préoccupant l’assocition est le nombre d’enfants qui n’ont pas de statut juridique étant nés d’un père israélien mais d’une mère sans statut (4).
L’association composée majoritairement d’israéliens (5) agit dans chaque situation où l’éthique médicale et les droits de l’homme sont contestés. Elle s’associe souvent à d’autres organisations israéliennes, palestiniennes ou étrangères qui travaillent dans le même sens. Elle est membre de la Fédération Internationale de la santé et des organisations des droits humains.
En août dernier, PHR a accueilli pour 3 jours 15 médecins palestiniens pour une formation en urgence médicale. Ils ont été accueillis dans le département de simulation où l’on peut apprendre sur des mannequins sophistiqués les gestes d’urgence et même les conduites de traitement d’urgence.
PHR – Israël est un bon exemple d’une association israélienne très marquée sur le plan idéologique par rapport à laquelle on peut se distancier, mais dont l’action concrète sur le terrain est réelle et efficace.
Ftouh Souhail & écho d’Israël
(1) Le Nigérian Nnimmo Bassey, 52 ans, reçoit lui la récompense pour « avoir révélé dans toute leur étendue les horreurs écologiques et humaines de la production de pétrole ». Le jury souligne également « son travail inspiré pour renforcer le mouvement écologiste au Nigeria et dans le monde ». L’évêque brésilien Erwin Kräutler, 71 ans, est récompensé « pour le travail d’une vie en faveur des droits de l’Homme et des droits environnementaux des populations indigènes, ainsi que pour ses efforts sans trêve visant à sauver la forêt amazonienne de la destruction ». Enfin, le prix salue le Népalais Shrikrishna Upadhyay, 65 ans, et son organisation Sappros pour « avoir démontré durant plusieurs années la puissance de la mobilisation face aux multiples causes de la pauvreté, y compris sous la menace de violence politique et d’instabilité ».
(2) Chaque semaine, une équipe de médecins israéliens partent en Cisjordanie pour une journée de consultations, soins… La mission s’effectue toujours en lien avec une ONG palestinienne qui organise sur place le lieu d’accueil, l’attente des patients… Les médecins sont souvent accueillis chaleureusement par les notables du village. Ils se mettent rapidement au travail car, en général, ce sont environ 300 patients qui les attendent. Le rythme est soutenu mais tout se passe sereinement. La consultation se fait toujours à deux afin qu’il y ait une traduction en arabe. Pour les cas simples qui peuvent être traités de suite, une pharmacie tenue par les deux associations est sur place. Parfois, il faut des examens complémentaires et la partie arabe explique où se rendre pour poursuivre les soins. Souvent cela sera trop onéreux pour les Palestiniens. Quand la situation est grave et complexe, le médecin israélien prend toutes les coordonnées de la personne et s’arrange, de retour en Israël, de prendre les rendez-vous nécessaires et d’obtenir des autorités israéliennes le droit pour les patients de se rendre en Israël pour la consultation. Actuellement le Hamas refuse que les Palestiniens viennent se faire soigner en Israël et le gouvernement de Ramallah a adopté la même position d’où l’interruption de chimiothérapie pour des enfants atteints de leucémie traités en Israël
(3) Des centaines de personnes vivent en Israël sans statut civil et donc sans droits sociaux. Les travailleurs émigrés, les réfugiés demandeurs d’asile, les victimes du trafic humain et les enfants et femmes de résidents israéliens dont le mariage n’est pas reconnu en Israël ne peuvent obtenir les soins de santé et ne peuvent bénéficier de la couverture du système public. PHR aide également en fournissant une aide juridique si nécessaire. Pour les travailleurs émigrés qui ont des systèmes d’assurance privée, PHR multiplie ses efforts pour qu’ils puissent passer du système privé au système public. Á ce sujet, à la Knesset en Janvier 2008, une discussion a eu lieu pour la première fois afin d’examiner le problème de l’assurance privée de santé pour les travailleurs émigrés. Auparavant, PHR avait remis un papier à chacun des membres de la Knesset explicitant les principales failles de la loi et ses conséquences sur les assurés privés.
(4) PHR a adressé une pétition à la Cour Suprême en collaboration avec le Centre de la défense de l’individu et l’Association du droit civil en Israël. Aujourd’hui, un grand nombre d’enfants a pu recevoir des fonds pour leur santé. L’association travaille maintenant au niveau d’une procédure légale. PHR : 18 jeunes de 13 à 15 ans, vivant en Israël sans leurs parents ont été pris en charge dans un kibboutz de la vallée du Jourdain. Les garçons ont été intégrés dans un programme d’éducation. Mais ils ne sont pas enregistrés dans le système de santé. Pour être enregistré, il faut que l’enfant soit inscrit par l’un des deux parents. En plus la police d’assurance coûte 185 shekels par mois. Ces jeunes sont arrivés seuls, sans tuteurs légaux qui peuvent signer pour eux. A la demande de PHR, le ministre de la Santé a assuré les jeunes à la Caisse de maladie Me’uhedet et l’État a payé le prix de l’assurance.
(5) En 2005, l’association comptait 1 150 membres dont plus de la moitié était des prestataires de santé. En 2008, 156 nouveaux volontaires ont rejoint PHR – Israël. (82 dans le personnel médical et 61 comme membres). Les volontaires ont travaillé 7480 heures offrant une assistance médicale (diagnostics et consultations). Les volontaires administratifs ont donné 527 heures de travail pour assister le personnel et l’aider à aller de l’avant. 13 505 patients ont été soignés dans la clinique ouverte.


