Des officiers israéliens, libanais et de la Finul se sont réunis cette semaine au QG des Casques bleus à Naqoura, au Liban sud pour évoquer une série de dossiers et notamment la démarcation de la frontière maritime entre Israël et le pays du Cèdre.
La découverte de gisements gaziers et pétroliers off-shore accentue la nécessité de délimiter les eaux exploitables respectivement par les deux pays.
La menace du Hezbollah jette une ombre sur ce qui pourrait être une aubaine économique pour les deux nations. Israël est déjà loin devant, dans la course à l’exploitation de ces ressources. Deux champs, Tamar et Dalit, découverts en commenceront à être productifs en 2012. Les experts estiment leurs réserves conjointes à 5,5 milliards de mètres cubes, soit de quoi couvrir les besoins énergétiques d’Israël pour les deux prochaines décennies. Voir même exporter en Europe et en Asie à partir d’un troisième champ récemment mis au jour, Léviathan, dont la quantité de gaz est estimée à 450 milliards de mètres cubes.
Pour éviter les conflits dans la recherche de gisements sous-marins, Markos Kyprianou, ministre chypriote des affaires étrangères, et Uzi Landau, ministre israélien des infrastructures nationale, ont signé le 17 décembre 2010, un accord pour délimiter une « zone économique exclusive entre les deux pays sur la mer Méditerranée ».
L’accord, signé à Nicosie, définit la frontière maritime entre Chypre et Israël et délimite une zone économique exclusive entre les deux pays, leur permettant d’aller de l’avant dans la recherche de sources d’énergie en Méditerranée orientale. Cet accord est considéré comme une nouvelle étape dans la recherche faite par Chypre pour trouver pétrole et dépôts de gaz. D’autres accords ont déjà été passés entre Chypre, l’Égypte et le Liban.
A Beyrouth, on est fortement en colère après que des hauts-fonctionnaires chypriotes aient annoncé, en janvier 2011, que la compagnie « Noble Energy », associée aux recherches sur le champ gazifère « Leviathan », débutera bientôt ses forages.
Le ministre libanais des Affaires Etrangères, Al Shami, s’était adressé en janvier 2011 à Ban Ki-Moon, Secrétaire général de l’ONU, afin « qu’il envoie des unités de la FINUL stationnées au sud-Liban pour faire stopper les opérations de forages d’entreprises israéliennes…dans les eaux territoriales libanaises »!!
Dans sa lettre, Shami définissait le secteur comme se trouvant « dans les eaux territoriales qui sont à la limite du Liban et de la Palestine du nord » (sic). Mais avec une rapidité inhabituelle, Ban Ki-Moon a fait savoir « que le mandat de la FINUL selon la résolution 1701 lui confère la responsabilité des côtes libanaises mais pas de la fixation des frontières maritimes avec ses voisins ».
Ftouh Souhail
