Le 28 janvier 2020 le Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France) a annoncé la disparition de Théo Klein est une des figures majeures de la communauté juive. Avocat aux barreaux de Paris et d’Israël.

Fils de médecin, né à Paris en 1920, il était issu d’une famille de Juifs alsaciens, ancrés dans un profond attachement à la France et à la République. Son arrière-grand-père fut grand rabbin de Colmar, ville qui comptait, à l’époque, une importante communauté juive.

Il est une figure incontournable de la communauté juive.

Résistant, Président de l’UEJF à la sortie de la guerre puis Président du Crif, et président du Musée d’Histoire et d’Art du Judaïsme de Paris, il s’est battu toute sa vie pour défendre les valeurs juives et républicaines.

Avocat d’affaires aux Barreaux français et israélien, ancien résistant, il a occupé de nombreuses fonctions au sein de la communauté. Président du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) de 1983 à 1989, il a travaillé à défendre les prises de positions de cet organisme dans le débat public. Il est l’une des principales figures du judaïsme libéral.

Ancien président du Crif et figure emblématique de la diaspora, Théodore Klein, qui s’est éteint à l’âge de 99 ans, a été l’un des principaux représentants du judaïsme libéral en France à la fin du XXe siècle.

En 1988, il avait écrit avec Hamadi Essid, chef de la mission de la Ligue arabe de Paris, « Deux vérités en face », un ouvrage dans lequel chacun donnait sa vision du conflit israélo-arabe.

Théo Klein, proche des socialistes, n’a jamais caché qu’il était libre penseur et agnostique.

En 2012, il avait dénoncé l’engagement d’un de ses successeurs à la tête du Crif, Richard Prasquier, contre le journaliste de France 2 Charles Enderlin pour un reportage en 2000 sur la mort d’un enfant palestinien à Gaza, au début de la seconde Intifada.

Attaché à Israël, il ne ménageait cependant pas ses critiques à l’égard de la politique de l’Etat hébreu.

Celui qu’on surnommait « un sioniste à part » avait présidé de 1983 à 1989 le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif). C’est lui qui fut à l’origine du fameux dîner annuel de l’institution, qui réunit notamment le Premier ministre ou le chef de l’Etat. Il avait aussi présidé le Congrès juif européen.

Père de quatre enfants, ce passionné de textes hébraïques ainsi que d’histoire et de géographie de la Terre sainte a, plusieurs années, présidé le musée d’art et d’histoire du judaïsme, à Paris.

Théo Klein a publié plusieurs ouvrages dont, notamment, Israël aux quatre vents du ciel (Lattès, 1991), Libérez la Thora ! (Calmann-Lévy, 2001), Le Manifeste d’un juif libre (Liana Lévi, 2002), Le Rire d’Isaac (de Fallois, 2006) et Une manière d’être juif, avec Jean Bothorel (Fayard, 2007).

Pendant l’Occupation, la famille se cache. Son père, membre du consistoire, reste à Paris. Théodore devient, lui, dans les années 1942-1944, l’un des responsables de la Résistance juive en France.

Dès la fin des hostilités, Théo Klein prend la tête de l’Union des étudiants juifs de France (UEJF). L’époque est douloureuse. Les déportés rentrent des camps. Ils ont tout perdu. Ebranlée, la communauté juive est traversée de doutes. Mais il faut reconstruire. 

«L’objectif de Théo Klein à la tête de l’UEJF est que les rescapés puissent reprendre le rythme de la vie. Il se bat pour que les étudiants obtiennent un logement, des bourses. Et que cela ne soit pas réservé seulement à ceux qui ont la nationalité française», raconte Noémie Madar, l’actuelle présidente de l’organisation.

Après Sciences-Po, il étudie le droit avant de devenir avocat à la cour d’appel de Paris en 1945 et au barreau de Jérusalem à partir de 1970. Il dirigera par la suite un des grands cabinets d’affaires parisien, surplombant les Champs-Elysées.

C’est au début des années 50 qu’il va pour la première fois en Israël: « J’ai eu le sentiment de rentrer chez moi. Cela peut paraître stupide. C’est comme ça. J’ai une double nationalité, que j’assume et qui me donne un équilibre parfait ».

Théo Klein a souvent tenu des positions critiques contre la politique extérieure d’Israël et ses soutiens, en particulier le philosophe Alain Finkielkraut. « Je me bats pour que la reconnaissance de la Palestine vienne du gouvernement d’Israël et ne soit pas imposée à son peuple par une pression extérieure », estimait-il en 2002.

Klein laisse derrière lui quatre enfants.

A cette triste occasion Identité juive présente ses sincères condoléances à la famille de la défunt en Priant Dieu le Tout Puisant de l’accueillir dans son Eternel Paradis.

Souhail Ftouh

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