De violents affrontements se sont déclenchés ce Mercredi 2 février 2011 des partisans et des opposants au président Hosni Moubarak dans la capitale égyptienne. Des dizaines de milliers de partisans du président égyptien Hosni Moubarak ont envahi la place Al Tahir du Caire, après avoir franchi les barrages de l’armée, et chantent des chants à la gloire du Raïs égyptien en brandissant des pancartes de soutien.
Des opposants au dirigeant égyptien, présents également sur la place, tentent d’empêcher les partisans de Moubarak de manifester, ce qui a occasionné de nombreux incidents violents.
Les émeutes de la place Tahrir au Caire auraient fait au moins 1500 blessés selon un premier bilan des sources médicales. La plupart des blessés seraient des manifestants anti-Moubarak, touchés au visage par des pavés lancés par les partisans du président égyptien.
Un médecin présent sur les lieux a déclaré à Reuters qu’il avait comptabilisé 1.500 blessés environ dans le poste médical d’urgence improvisé sur la place Tahrir. Les heurts survenus ce mercredi sur la place Tahrir, dans le centre du Caire, ont fait aussi trois morts, selon la chaîne Arabia qui cite le ministre égyptien de la Santé.
Dans un précédent bilan, le ministre avait fait état d’un mort – un militaire tombé d’un pont – et 700 blessés. La plupart des blessés ont été atteints à la tête par des pierres lors des affrontements entre partisans et opposants au président Hosni Moubarak, avait alors précisé Ahmed Farid. Il n’y a pas eu de blessés par balles, soulignait-il encore dans cette intervention télévisée.Un militaire a été tué aussi dans des affrontements entre partisans du président Hosni Moubarak et manifestants.
Les réactions se sont multipliées toute la journée.
Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a jugé « inacceptables toutes attaques contre des manifestants pacifiques » en Egypte, lors d’une visite officielle à Londres. Ban Ki-moon, a appelé toutes les parties en Egypte à faire preuve de retenue.
La chef de la diplomatie américaine, Hillary Clinton, a réclamé au vice-président égyptien Omar Souleimane l’ouverture d’une enquête sur les violences survenues mercredi dans des manifestations au Caire.
Les États-Unis ont « déploré et condamnés » la violence contre les « manifestants pacifiques » en Égypte, a déclaré mercredi la Maison Blanche.
« Les États-Unis déplorent et condamnent la violence qui a lieu en Égypte, et nous sommes profondément inquiets au sujet des attaques contre les médias et les manifestants pacifiques. Nous renouvelons notre appel à la retenue », a précisé le porte-parole de la Maison Blanche, Robert Gibbs, dans un communiqué.
Plus tôt mercredi, le porte-parole de la diplomatie américaine avait déjà réagi aux violences sur la place Tahrir du Caire en appelant « toutes les parties à faire preuve de retenue et à éviter la violence ».
« Nous réitérons notre appel à toutes les parties en Égypte à faire preuve de retenue et à éviter la violence. Le chemin de l’Egypte vers le changement démocratique doit être pacifique », a déclaré Philip Crowley, le porte-parole du département d’Etat
Cette neuvième journée de manifestation contre le pouvoir en place a été difficile pour les journalites etrangers qui couvraient l’affrontement entre opposants et partisans du président Hosni Moubarak au Caire.
Deux journalistes suédois du quotidien Aftonbladet ont été pris à partie par la foule au cours d’un reportage dans un quartier pauvre du Caire avant d’être arrêtés puis relâchés quelques heures plus tard par un militaire venu sur place, a rapporté leur journal.
« Lorsqu’ils sont descendus de leur voiture pour demander à deux femmes fouillant des poubelles s’ils pouvaient les filmer, les journalistes ont provoqué un attroupement qui a rapidement dégénéré », selon Aftonbladet.
« La foule s’est emparée des clés de la voiture, de la carte SIM du téléphone du chauffeur, a placé des pierres devant les roues et on nous a craché au visage » en accusant l’équipe d’être du Mossad, les services secrets israéliens, raconte la journaliste. Un soldat est alors intervenu pour les tirer de là, mais l’équipe de journalistes affirme avoir été ensuite menacée.
Reporters sans frontières a « condamné sans appel » les violences commises mercredi par les partisans du président Moubarak à l’encontre de plusieurs journalistes de la BBC, d’Al-Jazira, de CNN, d’Al-Arabiya et d’ABC News.
Par ailleurs quatre journalistes israéliens qui avaient été arrêtés parce qu’ils avaient des visas de touristes ont été libérés ce Mercredi 2 février 2011.
A la suite de ces violents incidents qui opposaient des manifestants pro et anti Moubarak sur la place Al Tahrir du Caire, l’armée égyptienne a demandé à tous les manifestants de quitter immédiatement la place et de ren trer chez eux. L’armée de s’est interposer entre les manifestants pro Moubarak, leur demandant de ne pas s’attaquer et les opposants anti gouvernementaux qui leur a avertit que la réponse de l’armée pourrait être ferme s’ils utilisent la violence.
L’opposant Mohammed El Baradei a appelée l’armée à choisir son camp afin de prévenir une dérive sanglante. A la tombée de la nuit, les manifestants des deux camps ont dressé des barricades aux abords de la place Tahrir, au centre de la capitale.
L’armée égyptienne a appellé pour la seconde fois dans la soirée les détracteurs du président Moubarak à cesser leurs manifestations et à reprendre un cours de vie normale.
»Vos revendications ont été entendues. Il faut maintenant permettre le retour à la sécurité et à la stabilité », a déclaré le porte-parole de l’armée dans un communiqué lu à la télévision.
Dans la soirée de ce mercredi, le vice-président Omar Souleimane a conditionné l’instauration d’un dialogue politique à la fin des manifestations. Il a appelé aussi les manifestants à rentrer chez eux et à respecter le couvre-feu.
Le mouvement de soutien à l’opposant Mohamed ElBaradei a néanmoins promis une manifestation antigouvernementale massive ce vendredi malgré l’ordre de l’armée intimant aux manifestants de rentrer chez eux.
Ftouh Souhail
