L’expérience agricole Israélienne est à l’honneur .Une vaste Exposition agro-alimentaire internationale s’est ouverte cette semaine à Tel-Aviv.

La crise alimentaire mondiale est le principal sujet de conversation de cette semaine de l’Agro Mashov 2011. Les ministres de l’Agriculture de pays comme Israël, le Brésil et la Russie y prendront part à l’évènement au Tel Aviv Trade and Convention Center.

Il semble qu’aucun pays au monde n’ait développé sa production agricole aussi rapidement qu’Israël. Sans doute l’expérience porte sur des superficies limitées.
Israel est depuis des années leader dans la technique d’irrigation. L’Etat d’Israël a su développer les techniques d’irrigation les plus avancées au monde… ce qui leur a permis d’avoir un secteur agricole très compétitif alors qu’il est en plein désert. Israel a réalisé plusieurs projets utilisant des techniques d’irrigation par l’égouttage -technique d’humidification permettant d’éviter l’évaporation et autres pertes d’eau et d’augmenter le rendement des récoltes. Ces projets d’irrigation moderne ont permis de réaliser des économies d’eau jusqu’à 50%. La totalité des agriculteurs ont ainsi été formés à cette nouvelle technique d’irrigation au Néguev.

Israël a aussi lancé, depuis des années, des formations sur les techniques modernes et pratiques de l’irrigation pour des étudiants africains. Cela leur a permis d’arroser en permanence leurs champs et plantations, de contrôler l’alimentation en eau, d’avoir de l’eau pour des besoins agricoles le long de l’année (même en saison sèche), et de recycler l’eau déjà utilisée. Ces formations visent aussi l’amélioration des résultats dans les secteurs agropastoraux.

D’autres formations sont aussi assurées l’exploration des opportunités en production animale. Récemment 25 femmes camerounaises, se sont rendues en Israël .Leur formation qui est appuyée par le ministère de l’Elevage, des pêches et des industries animales (Minepia), consistait à rechercher des marchés pour l’écoulement des produits de ces femmes entrepreneurs pastoraux.

Par ce type de formations, Israël se positionne comme partenaire de choix dans le processus d’encadrement socio-économique des habitants des zones rurales. Que ce soit du secteur privé et public, chaque année des centaines d’étudiants se rendent en Israël et prennent part à ces programmes. Les stages et les consultations qu’offre l’Etat Hébreu couvrent une vaste gamme de sujets liés au développement rural, développement socio-économique, développement rural et urbain, l’éducation et la santé.

Dans la région désertique de Ramat haNeguev, un centre de recherche pour l’agriculture en région désertique cherche à développer au maximum une technologie d’une agriculture moderne basée sur l’irrigation moderne et la fertilisation.

L’eau dans cette région de Ramat ha-Neguev est rare. Elle est puisée très profond et coûte donc cher aux agriculteurs. L’utilisation en chaîne en réduit le prix. L’eau puisée qui est à 38° est envoyée dans les bains de Neve Midbar et dans les piscines d’élevage de poissons et de crevettes qui l’enrichissent de leurs excréments. Elle est ensuite dirigée vers des serres qu’elle réchauffe en hiver et les nuits. Lorsque sa température est descendue à 25-30°, elle est envoyée pour l’arrosage des plantes, de fourrage pour les animaux tels que les alpacas, les autruches…Ainsi la même eau est utilisée pour plusieurs usages, s’est enrichie au fur et à mesure de son usage, et favorise un environnement écologique.

Le centre de Ramat haNeguev cherche à développer au maximum la technologie avancée pour que tout cet ensemble soit rentable. Les ordinateurs pour l’arrosage sont situés près des serres et sont activés par des transformateurs solaires. D’autres ordinateurs déterminent la salinité désirée, la façon de la répartir le mélange des engrais, la chaleur des serres, la nature de l’air dans celles-ci. Au kibboutz Yad Mordekhaï, un ordinateur a été créé spécialement pour servir de station météorologique pour ce centre.

Jusqu’à maintenant, seules quelques plantes développées à Ramat ha-Neguev sont rentables économiquement : l’oliveraie de Revivim qui est la plus grande du pays ainsi que quelques plantes dont les poivrons, les tomates de serre et les melons.
D’autres plantes certes poussent avec l’eau salée, mais ne sont pas encore rentables économiquement : le blé, le seigle, les betteraves à sucre et les betteraves rouges, le maïs, le chou, les asperges, les grenades, les poires etc. D’autres sont encore à l’étude comme le carroube, l’amandier, les courgettes et les cornichons. Aujourd’hui ce sont les tomates « cerises » très sucrées et odorantes qui s’exportent vers l’Europe, mais la culture des bulbes de fleur, du gazon, des légumes ne sont pas de quantité négligeable.

Le technique du « Goutte à goutte » est né dans le Neguev, avec Simha Blass de Revivim. La première usine a été créée à Hatserim, et c’est une des industries les plus prospères faites par un kibboutz à Ramat ha-Neguev. Ce système existe depuis que le plastique est entré dans l’agriculture dans les années 50. D’abord utilisé en surface, il est maintenant utilisé en profondeur. Il est ainsi plus efficace, puisqu’il laisse la surface du sol sèche et évite ainsi l’évaporation et la formation d’une croute. Les engrais, la nourriture de la plante sont amenés dans ce circuit. Par ordinateur, l’arrosage est dosé par « pulsions », petites et courtes, n’amenant que la quantité nécessaire à la plante.

Il suffit d’aller en direction de la frontière égyptienne au niveau de Nitsana pour découvrir les derniers développements de la région de Ramat haNeguev. C’est ici aussi que les ingénieurs juifs ont touver une solution pour le problème du sodium du sol. Dans la région, deux sortes de sol existent : L’une avec l’eau douce amenée par la conduite nationale du nord et l’autre par l’eau salée de l’aquifère.

Les recherches du centre Ramat haNeguev concernent le « coupage » de l’eau salée et le « rinçage » du sol. L’adaptation de la quantité de sel aux différents moments du développement de chaque plante est très important. Par exemple, le maïs lève bien avec l’eau salée, mais dès qu’il a plus d’une semaine il souffre et peut mourir ; entre 2 à 6 semaines selon l’espèce il lui faut de l’eau douce, puis après cette période il peut à nouveau pousser avec l’eau salée. Ainsi une vingtaine de plantes ont été étudiées sur tout leur parcours de croissance. Les amandiers quant à eux au départ ne supportent que l’eau douce, puis s’accommodent très bien à l’eau salée.

L’amélioration génétique de certaines plantes est aussi parmi les activités du centre Ramat haNeguev. Un exemple : le melon. Le croisement du melon d’Israël avec une espèce de melon d’Iran a donné un bon résultat. Il en fut de même pour les tomates. Grâce aux accords de paix, toute cette recherche est faite tout particulièrement en partenariat avec l’Egypte et la Jordanie qui possèdent le même terrain, le même climat qu’une partie d’Israël.

En considérant le réchauffement climatique, le ministère de l’Agriculture en Israel se penche aussi sur la recherche de graines plus résistantes à la chaleur et la sécheresse. Les ingénieurs agricoles de l’Université Ben Gourion de Beershéva se penchent actuellement sur le développement des variétés les plus adapté à la chaleur. Des variétés robustes, et cultivables sous de fortes températures, feront le bonheur des paysans des pays du sud.

Israël financera aussi des projets pertinents en agriculture dans les domaines scientifiques de pointe suivants :

Productions animales (viande et laitier) ; .Compréhension des effets du stress sur le rendement des animaux ; Technologies de nutrition avancées ; Gestion de l’eau en agriculture ; Menaces posées par le changement climatique ; Irrigation et gestion de l’eau ; Santé par les aliments ; Technologies post-récolte ; Réduction des risques liés aux pesticides ; Agriculture biologique ; Génomique fonctionnelle (végétaux et animaux) ; Aliments fonctionnels…

A l’occasion de l’exposition agricole, Agro Mashov 2011, juste un mot pour dire notre admiration pour cette terre de « miracles », magnifique Israël, magnifiques israéliens.

Ftouh Souhail

Voir : www.mashovgroup.net/

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