Selon le contrat signé ce jeudi, 7 octobre 2010, à New York par Ehoud Shani, directeur général du ministère israélien de la Défense, Israël achète 20 avions de guerre pour une somme de près de trois milliards de dollars, et se réserve une option pour l’achat de 75 autres. Les avions furtifs achetés, de type F-35 doivent être livrés en 2016.
La transaction prévoit de s’articuler en deux phases à l’issue desquelles l’aviation israélienne capitalisera une flotte de 90 appareils qui viendront remplacer les F-15 et F-16 vieillissants de la Heyl Ha’avir.
Si le contrat est signé maintenant, la livraison du tout premier escadron n’interviendra pas avant 2014, ce qui laisse penser qu’Israël ne pourra en faire usage en cas de confrontation militaire avec l’Iran dans un futur proche.
Priorité de l’actuel chef d’état major de Tsahal Gaby Ashkénazi dans le cadre de son « plan Tefen » de modernisation des forces armées, l’arrivée prochaine de F-35 vient toutefois conforter la suprématie aérienne de l’Etat hébreu dans la région, notamment face au renforcement des défenses syriennes et iraniennes.
En dépit de l’aval rapide du Congrès, intervenu juste avant l’accession de Barack Obama à la Maison Blanche, Israël a exprimé plusieurs objections qui ont longtemps retardé la conclusion d’un accord. Jérusalem voyait d’abord d’un mauvais oeil que des pays comme l’Arabie Saoudite ou l’Egypte, clients traditionnels des industries de défense américaines, cherchent également à se doter du F-35.
A l’issue d’une série de consultations et examens au sein de l’armée de l’Air et au département de la planification, le ministre israélien de la Défense Ehud Barak a donné son aux recommandations de l’armée en vue de l’achat d’avions F-35L » furtifs aussi appelés JSF (Joint Strike Fighter).
« Le F-35L est l’avion de combat de l’avenir et permettra à Israël de préserver sa suprématie aérienne et son avance qualitative technologique dans la région », a déclaré M. Barak, dans un communiqué.
Destiné à satisfaire les besoins d’un avion de combat polyvalent pour Israel Air Forces, la forme triangulaire de ses ailes lui permet de bénéficier d’une autonomie importante et d’une manœuvrabilité comparable aux F-16 de première génération.
Pesant seulement 20 tonnes en ordre de combat, le F-35 est considéré comme un avion relativement léger. Sa géométrie fait qu’il peut recevoir de nombreux armements sur 7 pylônes externes, jusqu’à neuf tonnes de charges diverses : réservoirs, bombes guidées, missiles de croisière et missiles air-air.
Du fait de sa furtivité qui le rend indétectable au radar, le F-35 entre dans la catégorie des avions de cinquième génération. Sur le plan logistique, le chasseur américain possède une soute à armements capable de loger principalement deux bombes guidées et deux missiles air-air AMRAAM.
Doté de capacités air-air de premier ordre, le F-35 reste un appareil destiné en priorité à l’attaque. Son avionique est basée sur un processeur central à très haute capacité de calcul, capable de centraliser et de restituer les informations fusionnées par différents capteurs.
Particulièrement puissant, le F-35 est motorisé par un réacteur à double flux Pratt & Whitney F135. Dérivé du F-22 Raptor, autre joyau de l’aviation américaine, il dispose ainsi d’un système de postcombustion lui permettant d’accroître considérablement sa vitesse supersonique.
Le pilote est équipé d’un casque HMDS (Helmet Mounted Display System) produit par le fabricant israélien Elbit. Doté de fonctionnalités extrêmement évoluées, il permet aussi bien de désigner des cibles par un simple mouvement de la tête que de littéralement voir à travers le plancher de l’appareil, pendant les manœuvres d’atterrissage vertical par exemple.
Ftouh Souhail

