A la veille de la projection sur France 5 (mardi 1er mars – 20H35) d’un film intitulé « Kadhafi, notre meilleur ennemi » réalisé par Antoine Vitkine ,voici la présentation de ce documentaire par la chaîne TV dans un communiqué de presse.

On y découvre un Muammar Kadhafi, sur un jour nouveau, obsédé par sa survie politique – au point de proposer de coopérer avec la CIA en 1992, comme nous le raconte par exemple un témoin -, un Kadhafi calculateur, très bon connaisseur des arcanes diplomatiques, sachant parfaitement comment jouer des faiblesses, et des divisions occidentales.

Bref pas seulement le Kadhafi excentrique et mégalomane que tout le monde connait surtout ces jours dérniers .

Voici donc ce communiqué de presse:

« A l’heure où le long règne de Mouammar Kadhafi prend fin, dans le sang, le documentaire inédit du réalisateur Antoine Vitkine raconte comment l’Occident a pactisé avec lui, sur fond de real politik, de pétrole, de terrorisme.

Comment un homme qui fut l’ennemi numéro un de l’occident au cours des années 1980, l’un des principaux parrains du terrorisme international, est-il devenu fréquentable ?

Comment Mouammar Kadhafi, accusé d’avoir commandité les attentats du DC 10 d’UTA et de la Pan Am au dessus de Lockerbie, comment un paria, mis sous embargo par l’ONU en 1992, est-il parvenu, une décennie plus tard à faire venir chefs d’Etats et responsables européens et américains à Tripoli ?

Car c’est le gratin international qu’il a reçu, Tony Blair, Jacques Chirac, Gerhardt Schroeder, Condoleezza Rice, Nicolas Sarkozy. Kadhafi s’offrira même une tribune à l’ONU, et des visites officielles à Bruxelles, à Rome et à Paris.

Bref, comment et pourquoi cela a-t-il été possible ?

C’est à cette question que répond pour la première fois ce documentaire inédit d’Antoine Vitkine consacré à quarante années de relations entre l’Occident et Kadhafi, depuis son arrivée au pouvoir à l’âge de 27 ans jusqu’à aujourd’hui. Un documentaire qui revient tout particulièrement sur le retour en grâce de Kadhafi au cours de la décennie écoulée.

Ce film est une autopsie de la real-politik vis à vis de la Libye, il rentre dans ses coulisses, grâce aux témoignages exceptionnels de ceux qui ont mené cette politique : Tony Blair, Condoleezza Rice, Roland Dumas, l’ancien conseiller de Bill Clinton Martin Indyk, Roland Dumas, l’ancienne commissaire européen Benita Ferrero-Waldner ainsi que de nombreux anciens ambassadeurs en Libye, diplomates, agents de renseignements ou émissaires discrets, opposants ou partisans…

Avec un commentaire lu par Jacques Gamblin et plus de quarante minutes d’archives remarquables, certaines inconnues jusqu’alors, « Kadhafi, notre meilleur ennemi » retrace l’étonnante trajectoire de Muammar Kadhafi, que l’on découvre sur un jour nouveau, obsédé par sa survie politique – au point de proposer de coopérer avec la CIA en … 1992, comme nous le raconte par exemple un témoin -, un Kadhafi calculateur, très bon connaisseur des arcanes diplomatiques, sachant parfaitement comment jouer des faiblesses, et des divisions occidentales.

Bref, pas seulement l’homme excentrique et mégalomane souvent dépeint.

Le commentaire est sobre, sans jugements hâtifs ou superlatifs. Antoine Vitkine a voulu comprendre plutôt que juger,décrypter plutôt que s’indigner rétrospectivement. Le regard est pourtant sans concession, et on en ressort passablement glacés par les arcanes de la diplomatie vis à vis de Kadhafi.

Ce film se regarde comme un thriller politique, une vaste partie d’échec faite de real politik, de ruse et de violence, d’enchevêtrement d’intérêts, petits et grands, de motivations nobles ou moins nobles. Kadhafi est bien notre meilleur ennemi, l’ennemi avec lequel on ne rompt jamais tout à fait, et qui se révèle toujours utile.

Ce film est riche en révélations, peu connues du grand public. Voici quelques unes des histoires que l’on y apprend : comment dès le départ Kadhafi joua des divisions occidentales, jouant la France contre les Etats-Unis pour obtenir des avions de chasses, mais se gardant de rompre les liens avec Washington malgré sa rhétorique anti américaine, au point que la CIA le sauvera d’un coup d’Etat, comment les Etats-Unis ont tenté de pousser la France à bombarder la Libye à leur place en 1986, les dessous du bombardement américain de 1986 et comment celui-ci a servi à faire passer un message

à la Syrie et à l’Iran, l’ambivalence occidentale dans les affaires de Lockerbie et du DC10, comment Kadhafi a voulu coopérer avec la CIA dès 1992, contre un ennemi commun, l’islamisme.

Ce film révèle aussi également les négociations secrètes et les pressions des compagnies pétrolières pour normaliser les relations avec Kadhafi, comment les Libyens ont retourné d’anciens responsables américains de l’équipe Reagan pour les représenter à Washington, la trahison des familles des victimes françaises du DC 10 au nom des intérêts économiques, le jeu de billard à cinq bandes de Georges Bush et Tony Blair et les étonnantes coulisses de l’abandon des armes de destructions massives libyennes, qui a servi autant Kadhafi que Bush et Blair, alors confrontés à leurs mensonges sur les armes de destructions massives d’un autre dictateurs, Saddam Hussein. Et le pacte qui s’en est suivi.

Le film revient aussi les dessous de la coopération terroriste après le 11 septembre, cette divine surprise pour Kadhafi, le jeu ambigüe de Tony Blair qui conduira à la libération d’un terroriste libyen pour une poignée de pétro-dollars, sur la manière dont Kadhafi s’est servi des infirmières bulgares pour se venger et faire oublier son statut de paria grâce à une visite officielle à Paris, sur l’utilisation de l’arme de l’immigration par la Libye face à l’Europe.

Bref, ce film révèle autant la personnalité de Kadhafi que les coulisses de la diplomatie occidentale. Un enjeu de taille :engagés dans une real-politik aux mille facettes, nous avons en fait aidé Kadhafi à se maintenir au pouvoir. »

Merci à l’ambassadeur Zvi Tenney de m’avoir expédier ce communiqué ( Ftouh Souhail)

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