En raison des troubles qui frappent l’Egypte, des parachutistes américains ont été envoyés en renfort au Caire afin de protéger l’ambassade des Etats-Unis. Les américains craignent particulièrement la marche de ce mardi qui devrait rassembler plus d’un million de manifestants dans les rues du Caire et au cours de laquelle, les protestataires pourraient s’attaquer à l’ambassade américaine.

L’administration Obama ne veut pas revivre le cauchemar de la prise de l’ambassade des Etats-Unis à Téhéran lors du renversement du Shah d’Iran et la prise de pouvoir de l’ayatollah Khomeiny, en 1979.

Le Premier ministre Binyamin Netanyahou, a evoqué déjà ce lundi 31 janvier le spectre d’un régime à l’iranienne en Egypte dans le cas où « un mouvement islamiste organisé prendrait le contrôle de l’Etat » à la faveur du « chaos ».

« Il est vrai que dans une situation de chaos, un mouvement islamiste organisé peut prendre le contrôle de l’Etat. C’est arrivé en Iran et ailleurs », a déclaré M. Netanyahou, lors d’une conférence de presse conjointe à Jérusalem avec la chancelière allemande, Angela Merkel, disant craindre que la révolte en Égypte ne débouche sur le même résultat que la révolution islamique iranienne de 1979. Mais il a exigé de ses ministres qu’ils ne fassent aucun commentaire public sur la situation politique délicate dans laquelle se trouve le pouvoir égyptien, afin de ne pas envenimer une situation déjà explosive. M. Netanyahou a émis l’espoir que le traité de paix conclu en 1979 entre l’Egypte et Israël survive au retrait éventuel du président Hosni Moubarak.

D’ailleurs pour la première fois depuis l’accord de paix de 1979, Israël a autorisé cette semaine l’armée égyptienne à poster des forces armées dans le Sinaï, indiquait lundi une source ayant requis l’anonymat.

Au niveau politique, la télévision officielle égyptienne a annoncé ce hier la formation d’un nouveau gouvernement en Egypte, citant un décret du président Hosni Moubarak. Le ministre de l’Intérieur Habib el-Adli a été remplacé.Dans la foulée, le vice-président Omar Souleimane, issu des rangs de l’armée, a annoncé l’ouverture de consultations avec l’ensemble des partis politiques, conformément au souhait exprimé par l’Union européenne et les Etats-Unis.

La télévision publique a également annoncé l’arrêt du trafic ferroviaire, à la veille d’une marche géante à laquelle ont appelé les manifestants qui réclament le départ du président Moubarak.

Cette « marche d’un million » de personnes est prévue ce mardi à Alexandrie, deuxième ville d’Égypte, à l’appel du mouvement de contestation qui réclame la chute du régime, a-t-on appris auprès d’un membre du comité de soutien à l’opposant Mohamed ElBaradei.

L’armée égyptienne a promis lundi soir de ne pas ouvrir le feu sur les manifestants, qui se sont encore rassemblés par milliers pour réclamer le départ d’Hosni Moubarak, et a jugé leurs revendications légitimes.

Le porte-parole de la Maison-Blanche, Robert Gibbs, a publié un communiqué, lundi soir, dans lequel il appelle toutes les parties égyptiennes au calme. « La crise égyptienne doit être résolue par des pourparlers significatifs entre les parties. Les États-Unis ne prendront pas partie, ni en faveur des manifestants, ni en faveur du gouvernement en place », a déclaré Gibbs.


F
touh Souhail

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