L’Assemblée générale de l’ONU a prolongé vendredi jusqu’au 30 juin 2023 le mandat de son agence controversée pour les réfugiés palestiniens (Unrwa), dont l’existence est notamment remise en cause depuis deux ans par les Etats-Unis et Israël, et qui fait l’objet d’une enquête après un scandale de mauvaise gestion et d’abus.

Une résolution sur cette prolongation a été adoptée par 169 pays, deux votant contre – Etats-Unis et Israël – et neuf pays s’abstenant.

Le mandat triennal actuel de l’Unrwa avait comme échéance juin 2020.

La résolution approuvée le 13 décembre 2019 « exhorte tous les donateurs à continuer d’intensifier leurs efforts afin de répondre aux besoins prévus de l’agence » dans un contexte de dégradation de la situation socio-économique dans la région et notamment dans les Territoires palestiniens.

Cette prolongation du mandat de l’Unrwa survient sur fond de difficultés budgétaires pour l’agence depuis que les Etats-Unis ont mis fin en 2018 à leur aide financière annuelle de 300 millions de dollars et alors que son chef, Pierre Krahenbuhl, a dû quitter début novembre ses fonctions après avoir été accusé d’abus de pouvoir.

Fondée en 1949, l’Unrwa gère des écoles et fournit une aide vitale à des millions de réfugiés palestiniens en Jordanie, au Liban, en Syrie et dans les Territoires palestiniens. Elle emploie 30 000 personnes, principalement des Palestiniens.

Depuis plus d’un an, les Etats-Unis de Donald Trump et Israël jugent qu’elle n’a plus de raison d’être dans sa forme actuelle.

En 2018, les Etats-Unis ont suspendu, puis coupé, tous les financements pour l’UNRWA, ce qui a entraîné une crise financière qui a menacé de voir ses écoles et ses hôpitaux fermer. L’Administration du président américain Donald Trump, avec Israël, a accusé l’UNRWA de prolonger le conflit israélo-palestinien.

Les deux pays s’opposent notamment au fait que les Palestiniens puissent transmettre le statut de réfugié à leurs enfants, souhaitant ainsi réduire le nombre de personnes bénéficiant d’une aide de l’Unrwa. Les Palestiniens dénoncent cette approche comme une violation de leurs droits.

 
Au cours des 18 derniers mois, l’UNRWA a subi une immense pression financière et politique, mais l’ensemble du personnel a tenu bon pour aider 5 millions de réfugiés palestiniens à traverser la crise financière la plus importante depuis les presque 71 ans de son existence.
 

Pierre Krahenbuhl, chef de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens,(UNRWA)

 

Unrwa : Mauvaise gestion et abus d’autorité au plus haut niveau

Alors qu’il avait réussi, avec des économies et de nouvelles levées de fonds, à atténuer en 2019 la crise budgétaire de l’Unrwa, son commissaire général, le Suisse Pierre Krähenbühl, a été contraint à la démission le 6 novembre 2019.

Un rapport interne avait conclu cet été à une mauvaise gestion de l’agence et à des abus de pouvoir commis par un petit groupe de hauts responsables. Pierre Krähenbühl a rejeté toutes les accusations, assurant qu’il n’y avait pas eu ni corruption, ni fraude, ni mauvaise gestion de financements de donateurs.

Plusieurs pays ont depuis suspendu leurs aides.Les accusations formulées dans un rapport confidentiel du Département d’éthique de l’agence ont été examinées par des enquêteurs des Nations unies.

Le rapport décrit des accusations « crédibles et corroborées » d’abus étiques graves, incluant même le chef de l’Unrwa, le commissaire général Pierre Krahenbuhl.

Le rapport précise que les accusations concernent des hauts responsables impliqués dans « des comportements sexuels déplacés, du népotisme, des représailles, de la discrimination et d’autres abus d’autorité, pour des gains personnels, pour faire taire des critiques légitimes, ou pour sinon parvenir à d’autres objectifs personnels ».
Fondée en 1949, l’Unrwa apporte une aide aux Palestiniens qui ont fui suite à la création de l’Etat d’Israël. L’agence est ainsi présente dans le quotidien de quelque 5 millions de Palestiniens dans la bande de Gaza, dans les Territoires, au Liban et en Jordanie.

Tous ces Palestiniens ont un statut héréditaire que n’a aucune autre population de réfugiés au monde.
Ils coûtent trois fois plus que tout autre réfugié au monde. Et l’Unrwa, l’agence onusienne créée spécialement pour eux emploie plus de 30 fois plus de personnel par réfugié que l’UNHCR!

Elle emploie environ 30 000 personnes, principalement des Palestiniens.L’agence fournit des services d’éducation et de santé aux millions de réfugiés palestiniens pauvres et à leurs descendants au Liban, en Jordanie, en Syrie et dans les Territoires palestiniens.
De plus, l’UNRWA, ne les encourage ni ne les aide à s’installer dans des pays d’accueil alors que l’agence onusienne qui prend en charge tous les autres réfugiés au monde, l’UNHCR, s’emploie, justement, à le faire. Et a trouvé des solutions pour des dizaines de millions de réfugiés.

D’ailleurs les pays arabes ayant « accueilli » leurs « frères » palestiniens leur opposent toutes sortes d’interdits qui les marginalisent. Ils demeurent ainsi un ferment de haine contre l’État hébreu, comme l’avait dénoncé Sir Alexander Galloway, qui fut directeur de l’Unrwa en Jordanie. Ce que confirmait Nasser en 1960.

Les réfugiés palestiniens sont problème perpétué par l’Unrwa, alors que les réfugiés juifs des pays arabes ont été absorbés en Israël et ailleurs et alors que des solutions ont été trouvées pour des dizaines de millions d’autres réfugiés dans le monde.

Souhail Ftouh

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