La tension est subitement montée d’un cran mardi entre l’Iran et le Sénégal qui a décidé de rappeler son ambassadeur à Téhéran après la saisie d’une cargaison d’armes iraniennes au Nigeria.

Le Sénégal a rappelé 14 décembre 2010 pour consultation son ambassadeur en Iran en se plaignant de n’avoir pas obtenu d’explications satisfaisantes à propos de la saisie au Nigeria d’armes en provenance d’Iran.

Cette décision fait suite « à l’arraisonnement, le 31 octobre 2010 à Lagos d’un navire en provenance de la République Islamique d’Iran et à destination de la Gambie, transportant une cargaison de treize conteneurs remplis d’armes de diverses catégories, y compris des munitions pour armes lourdes.

La Gambie a déjà rompu toutes ses relations avec Téhéran après l’interception en octobre dernier dans le port de Lagos de 13 conteneurs d’armes en provenance d’Iran. La décision de Dakar, annoncée dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères, est intervenue au lendemain du limogeage du ministre iranien des Affaires étrangères, Manouchehr Mottaki, alors qu’il était en visite au Sénégal.

Le ministre sénégalais des Affaires étrangères Madické Niang et le Président sénégalais Abdoulaye Wade qui l’a reçu à l’Hôtel Méridien Président ont, tour à tour, fermement fait savoir à Manouchehr Mottaki, que le Sénégal envisage de revoir son orientation diplomatique avec la République des «mollahs».

Le chef de la diplomatie iranienne était venu pour faire amende honorable auprès des autorités sénégalaises, suite à la découverte le 27 octobre dernier, d’une cargaison d’armes de guerre par le Nigeria. La cargaison était destinée au Gambie, au Mouvement des forces démocratiques de Casamance (Mfdc), en rébellion armée au Sud du Sénégal depuis plus de vingt ans.

Le Nigeria avait annoncé la saisie d’une cargaison d’armes dans le port de Lagos (Nigéria), composée de lance-roquettes, des grenades, et des obus de mortier, dans treize containers censés contenir du matériel de construction, provenant du port iranien de Bandar Abbas (sud).

Le ministre iranien des Affaires étrangères Manouchehr Mottaki a tenté de justifier que la cargaison appartenait à une « société privée » et devait transiter par le Nigéria vers « un pays de l’Afrique occidentale », sans mentionner le nom du pays. Mais selon le transporteur maritime français CMA-CGM, les conteneurs ont été embarqués au port iranien de Bandar-Abbas par un homme d’affaires iranien, et étaient destinés à la Gambie.

Suivant attentivement cette affaire, le Sénégal avait exprimé, le 13 novembre dernier, ses « graves préoccupations en raison de la menace qu’une telle opération fait peser sur la paix et la sécurité de la sous région ». Dakar craint que ces armes soient destinées au Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC), une rébellion qui lutte pour l’indépendance de cette région méridionale du Sénégal.

Les armes qui provenaient d’Iran étaient en transit au Nigeria, embarquées dans un navire censé transporter des matériaux de construction. Les autorités douanières du Nigeria ont découvert le pot aux roses après un contrôle de routine. Selon certaines indiscrétions, ce sont les services de renseignements américains qui avaient alerté leurs homologues nigérians du chargement suspect du navire provenant d’un pays frappé d’un embargo militaire décrété par les Nations unies.

L’ex- chef de la diplomatie iranienne Manouchehr Mottaki, qui a appris son limogeage lundi au Sénégal où il était en voyage officiel, a tenté d’apaiser la colère des autorités sénégalaises, mais les explications fournies sur cette affaire par la partie iranienne « ne sont pas satisfaisantes », selon le communiqué du ministère sénégalais des Affaires étrangères.

Les autorités sénégalaises ont traîné les pieds avant d’accepter de recevoir le ministre Motakki. A deux reprises, le Sénégal a invoqué des contraintes de calendrier pour différer les demandes d’audience formulées par l’Iran.

Manouchehr Mottaki , la main sur le cœur, a voulu convaincre les autorités sénégalaises que l’Iran ne leur a pas fait un bébé dans le dos.

L’explication semble n’avoir pas convaincu le Président Wade ( photo) . Le chef de l’Etat sénégalais éprouve le sentiment d’avoir été trahi par un «pays ami». Un diplomate sénégalais explique : «C’est désolant que l’Iran nous fasse un coup pareil avec tout ce que le Sénégal fait pour ce pays. Notre engagement aux côtés de l’Iran nous a valu tellement d’inimités et d’incompréhension à travers le monde !» C’est dire que les explications fournies par le ministre Mottaki laissent les autorités sénégalaises sur leur faim.

«Si le gouvernement iranien n’a rien à voir avec cette affaire et que ce serait le fait de simples hommes d’affaires agissant à titre strictement privé, comme le ministre Mottaki l’a dit, pourquoi l’Iran leur assure t-il la protection diplomatique au Nigeria», s’interroge un haut responsable sénégalais.

En effet, les deux hommes d’affaires iraniens, qui étaient à la base du convoiement des armes, ont trouvé refuge auprès de l’ambassade de leur pays à Abuja.

Tout le monde connaît la nature totalitaire du régime du Président Ahmedinejad. L’Iran est un Etat policier. Il n’est pas possible qu’une telle transaction portant sur des armes de guerre et pour une valeur aussi importante estimée à plus de vingt millions de dollars (Ndlr : soit 10 milliards de francs Cfa) se déroule au nez et à la barbe du gouvernement iranien».
De toute façon, cette affaire ne manquera pas d’avoir des conséquences sur l’avenir des relations entre le Sénégal et l’Iran.

«Cela nous permettra de procéder à une réorientation de notre diplomatie avec l’Iran. Notre amitié avec l’Iran nous coûte cher alors qu’en retour ce pays ne nous apporte pas grand-chose. A part l’usine de montage de véhicules automobiles Seniran, – encore que sur ce dossier l’Iran n’a pas fait tout ce qu’il avait promis – et la ligne électrique Tobène-Touba, l’Iran n’a rien fait d’autre. Ahmedinejad nous avait promis une usine pétrochimique et des cargaisons de pétrole. Nous n’avons rien vu de tout cela», fulmine un proche du Président Wade.

La rupture de ses relations diplomatiques avec l’Iran, décidée de façon unilatérale par la Gambie, suite à la découverte de la cargaison d’armes ne semble pas tromper les diplomates sénégalais. «Cela ne trompe personne. En diplomatie, de pareils jeux sont parfois de mise», tranchent des autorités sénégalaises.
Le Sénégal a manifesté sa préoccupation que les armes pourraient être destinées au Mfdc.

Du côté des autorités militaires sénégalaises, on ne voudrait pas badiner avec cette affaire. Un officier de la Sécurité militaire renseigne que l’Onu avait dépêché des experts militaires au Nigeria, qui ont examiné la cargaison et ont pu établir avec précision l’arsenal de guerre. Ainsi, les experts ont trouvé des mortiers, des lances roquettes, des armes de guerre individuelles et des batteries anti-aériennes. «Si de telles armes tombaient entre les mains du Mfdc, on ne peut s’imaginer les dégâts que cela provoquerait pour l’Armée sénégalaise», ajoute cet officier.
Le Nigeria avait immédiatement saisi le Conseil de sécurité de l’Onu de la question.

En plus de la brouille avec le Sénégal, cette affaire de saisie d’armes a déjà coûté à l’Iran la rupture des relations diplomatiques avec la Gambie, destination finale supposée des armes et pays enclavé au Sénégal. En effet, après avoir été citée dans cette affaire, la Gambie, qui entretenait d’ailleurs de bonnes relations avec l’Iran, a annoncé la rupture de toutes ses relations avec Téhéran et ordonné aux représentants iraniens de quitter le pays sous 48 heures
Le ministère gambien des Affaires étrangères avait également signalé que « tous les projets et programmes existant en coopération avec le gouvernement de la République islamique d’Iran ont été annulés ».

Isolée sur la scène internationale et soumise à de fortes sanctions pour son programme nucléaire, l’Iran s’est tournée ces dernières années vers l’Afrique pour renforcer la coopération économique avec le continent et surtout chercher des soutiens politiques dans son bras de fer avec l’Occident. Ainsi, l’Iran a passé d’importants accords de coopération énergétique et militaire avec le Nigeria et le Soudan et Téhéran a abrité en septembre dernier le premier sommet Iran-Afrique, qui a réuni les dirigeants des secteurs public et privé de plus de 40 pays africains.

Comme beaucoup de pays d’Afrique, le Sénégal s’était laissé hypnotiser par la “Shéhérazade islamo fasciste” .Aujourd’hui, nombre de dirigeants des pays africains doivent bien regretter cette confiance mal placée!!! Voilà une occasion pour Israël d’avancer en Afrique de l’Ouest…..

ALLO, LIEBERMAN.

Ftouh Souhail

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