le blogeur Hossein Derakhshan et sa compagne Sandrine Murcia à Paris.

Un Irano-canadien, l’un des pionniers du blog en Iran, détenu dans la république islamique depuis plus de 26 mois pour collaboration avec des « Etats ennemis », a été temporairement libéré sous caution, a rapporté jeudi le site conservateur Mashreghnews.

Surnommé le «père du blog iranien» Hossein Derakhshan, 35 ans, a été reconnu coupable d’avoir collaboré avec «des Etats ennemis» et de «propagande contre le système islamique».

Il s’est vu infliger une peine de 19 ans et demi de prison et interdire toute activité liée aux médias pendant cinq ans. Jamais une peine aussi lourde n’a été prononcée contre un blogueur en Iran. Cette affaire montée de toutes pièces avait montré la volonté d’une partie du régime de faire de Hossein Derakhshan un exemple.

En 2006 et 2007, Hossein Derakhshan s’était rendu, avec son passeport canadien, en Israël, l’ennemi juré de la République islamique. Il avait ensuite décrit son voyage dans des chroniques postées sur ses blogs en anglais et persan, expliquant qu’il cherchait à montrer aux Israéliens et aux Iraniens une image différente de chaque pays.

Il avait été arrêté en novembre 2008 à son retour en Iran. Le blogueur était rentré en Iran avec l’assurance de proches du président qu’il ne serait pas arrêté. Le gouvernement canadien a tenté par note diplomatique d’obtenir un accès consulaire à son dossier mais sans succès, puisque l’Iran ne reconnaît pas la double nationalité.

L’Irano-Canadien était emprisonné à la prison d’Evine, à Téhéran, où deux autres journalistes canado-iraniens ont été détenus ces dernières années (1).

Suite à sa libération sa compagne française, Sandrine Murcia, avait réagit. « Je suis très heureuse d’avoir pu lui parler mais la suite reste extrêmement incertaine »

En effet, Hossein Derakhshan vient d’être libéré sous caution mais pour deux jours seulement ! Il reste toujours sous cette peine de 20 ans de prison à laquelle il a été injustement condamné.

D’autre part l’Iranienne Sakineh Mohammadi-Ashtiani, condamnée à la lapidation, n’a pas été libérée « contrairement à ce qu’affirmait une vaste campagne de propagande des médias occidentaux », a indiqué vendredi la chaîne de télévision en anglais Press-TV sur son site.

Des photographies montrant Sakineh Mohammadi-Ashtiani chez elle la semaine dernière ont été diffusées jeudi par une télévision iranienne, alors que dans la soirée, aucun média ne mentionnait une quelconque libération de cette Iranienne condamnée à mort par lapidation.

Ftouh Souhail, Tunis

(1) La photojournaliste Zahra Kazemi y est morte après avoir été battue en juillet 2003, tandis qu’un journaliste de Newsweek, Maziar Bahari, y a été détenu pendant quelques mois en 2009 avant d’être libéré.

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