Lors de son discours à l’Assemblée générale de l’Onu, le président américain Barack Obama a appelé les pays arabes à entamer le dialogue et à normaliser leurs relations avec Israël. Il a affirmé que malgré le pessimisme de nombreux pays sur l’issue des pourparlers de paix, la seule alternative était l’effusion de sang.
Le président américain a longuement plaidé pour le processus de paix entre israéliens et palestiniens. Il a rappelé la responsabilité des deux parties dans les négociations directes qui ont repris depuis début septembre.
Obama a déclaré »Le monde doit contribuer à la création d’un État palestinien dans un an (…) Lorsque nous nous retrouverons ici l’an prochain, nous pourrions avoir un accord qui permettra d’accueillir un nouveau membre aux Nations unies: un État de Palestine indépendant, vivant en paix avec Israël ».
Un haut responsable israélien, cité par la radio publique a jugé jeudi « équilibré » le discours du président américain Barack Obama à l’ONU du fait notamment qu’il ait qualifié Israël de « patrie historique du peuple juif ».
Vivement combattue par la Syrie, le Liban, le Soudan et le Yémen, cette approche de normaliser les realtions arabes avec Israël est aujourd’hui une exigence fondamentale. La guerre n’aboutira pas donner naissance à un Etat palestinein. La clairvoyance et le compromis sont aujourd’hui plus que nécessaires.
Le roi de Jordanie Abdallah a déclaré ce vendredi à l’Assemblée générale des Nations Unies que tout le monde est perdant si les pourparlers de paix échouentla .Le chef hachémite n’a pas mentionné le gel des constructions, mais a exhorté les deux parties à travailler dur afin d’obtenir des résultats.
La position la plus marquante est venue du Roi Mohammed VI. En marge de la 65ème session ordinaire de l’Assemblée générale de l’ONU, Mohammed VI a insisté que les efforts de paix au Proche –Orient doivent à boutir à deux Etats vivant en paix.
Devant plus de cent autres chefs d’Etat et de Gouvernement, Mohammed VI a souhaité que les négociations entre israliens et palestiniens se poursuivent, loin de ” l’immobilisme et à l’obstruction”.
Il a demandé à la communauté internationale de soutenir avec vigueur ce processus pour parvenir d’ici un an à un accord qui permet à la fois la création d’un Etat palestinien à coté d’Israël.
Les déplacements du Roi Mohammed VI à l’étranger pour participer à des sommets (Ligue arabe, etc.) sont rares: il se fait représenter la plupart du temps par le Prince Moulay Rachid, le ministre des Affaires étrangères Taieb Fassi Fihri, ou par le Premier ministre Abbas El Fassi
Du lundi 20 au mercredi 22 septembre, le Souverain était à New York dans le cadre de l’Assemblée générale de l’ONU pour plaider la paix au Proche-Orient.
Le Maroc avait une position toujours une pôsition claire que l’on peut résumer ainsi : solidarité avec le peuple palestinien mais modération et réalisme face au “fait israélien”.
Le Maroc soutien les efforts de normalisation avec Israël où l’on compte plus de 600.000 ressortissants d’origine marocaine.
Déjà le prince héritier au Maroc, Moulay Hassan avait opté pour la clairvoyance et le compromis : «Moi, si j’étais eux (les États arabes), je reconnaîtrais Israël et je l’intégrerais dans la Ligue arabe (…) car de toute façon c’est un État qui ne peut pas disparaître » (Hassan II, Mémoire d’un Roi, P. 245).
C’est une position de la même veine qui sera constamment réaffirmée devant ses pairs arabes et devant la communauté internationale : au sommet arabe de septembre 1965 à Casablanca, il met les chefs d’État au pied du mur : une “cohabitation paisible” avec Israël ou la guerre ; au lendemain de la défaite de la guerre des six jours de 1967, même s’il critique Nasser qui s’était mis dans une équation fermée, Hassan II se distingue encore par la recherche d’un compromis entre les différentes tendances arabes.
C’est cette attitude qui permet au Maroc d’accueillir la Conférence islamique au Sommet au début de septembre 1969, suite à l’incendie de la Mosquée Al Aqsa ; ou encore qui conduit à la tenue du Sommet arabe de Rabat (26-29 octobre 1974) lequel, grâce à l’action du regretté Souverain, appuie la lutte du peuple palestinien pour recouvrer ses droits légitimes sous la direction de l’OLP, son représentant unique.
Ce rôle de premier plan joué par le Maroc dans la recherche d’une solution globale du conflit du Moyen-Orient allait se vérifier de nouveau avec l’adoption du “Plan de Fès”, lors du XIIème sommet arabe de Fès, en septembre 1982. Cette haute instance a désigné un “Comité des Sept”, présidé par Hassan II et qui avait pour mission de présenter et d’expliquer ce Plan aux pays membres du Conseil de sécurité. C’est dans ce cadre que le Souverain a été reçu à la Maison-Blanche par le président Reagan et qu’il a entrepris de nombreuses démarches diplomatiques au siège des Nations Unies et dans d’autres enceintes.
Le Royaume chérifien a toujours pratiqué le dialogue. Les rencontres secrètes pour faciliter le contact entre les Israéliens et les Égyptiens n’ont pas manqué. Moshé Dayan, l’ancien ministre de la Défense, les évoque dans un livre paru voici une vingtaine d’années (Moshé Dayan, Break Through, “A personnel account of Egypt-Israel peace negociations”, Alfred, New York, 1981, 368 p – en particulier les deux chapitres : “Rendez-vous in Morocco” et “Meeting in Marrakech”.
Ce sont des rencontres de ce type -septembre 1977 à Fès entre Moshé Dayan, ministre des Affaires étrangères et Hassan Touhami, vice-Premier ministre d’Égypte, puis à Rabat et Marrakech dans les semaines suivantes, qui ont contribué à rapprocher les positions des deux États et à conduire aux accords de Camp David.
L’action diplomatique marocaine aboutit à l’organisation d’un sommet arabe extraordinaire à Casablanca (7-9 août 1985) qui suspend ses travaux pour les reprendre en mai 1989 dans la même ville.
Dans l’intervalle, le Roi avait reçu Shimon Pérès. Premier ministre israélien, à Ifrane, les 21-22 juillet 1986. Il multiplia également les initiatives pour faciliter les rencontres secrètes préparant les accords d’Oslo entre Palestiniens et Israéliens en septembre 1993. Itzhak Rabin, de retour de washington, s’est rendu au Maroc le 14 septembre 1993 pour rendre hommage à l’action du Maroc.
La politique étrangère du Royaume continue toujours d’ oeuvrer pour la paix au Proche-Orient . Le Maroc reste un modéle de tolérance en Afrique du Nord.
Ftouh Souhail, Tunis
