Les États-Unis ont, sans surprise, mis leur veto ce vendredi s18 février 2011 au Conseil de sécurité de l’ONU à un projet de résolution palestinienne condamnant les constructions juives en territoires disputés.
Le président américain Barack Obama avait pourtant avertit vendredi son homologue palestinien Mahmoud Abbas de « répercussions » s’il insistait pour faire voter au Conseil de sécurité de l’ONU une résolution sur les constructions juives en territoires disputés a rapporté un responsable palestinien.
Le Fatah a organisé vendredi soir à Ramallah une manifestation anti-USA visant à soutenir la résolution contre les constructions juives en territoires disputés déposée par l’Autorité palestinienne à l’ONU .
La direction palestinienne a décidé ce samedi de demander à l’Assemblée générale des Nations unies de condamner les constructions juives en territoires palestiniens, avant de retourner devant le Conseil de sécurité, a indiqué un haut responsable palestinien.
Un proche conseiller du président palestinien Mahmoud Abbas a soutenu samedi que le veto américain sur la résolution arabe déposée au Conseil de sécurité de l’ONU incitait Israël à ne pas respecter ses engagements dans le processus de paix.
Le Premier ministre israélien Binyamin Netanyahu a répondu au veto américain posé sur un projet de résolution arabe à l’ONU, en soutenant qu’ « Israël reste engagé dans la paix régionale avec tous ses voisins, dont les Palestiniens ».
Le ministère israélien des Affaires étrangères a salué le veto américain posé dans le cadre du projet de résolution arabe sur les constructions juives en territoires disputés.
Il faut ici retourner un peu sur le statut de ces territoires pour comprendre le veto américain sur cette résolution anti-israélienne.
De nombreux experts juridiques ont accepté le droit d’Israël de construire dans les territoires disputés et de s’installer sur cette terre historique parce que cette terre était elle-même occupée illégalement par les armées arabes qui l’ont envahie en 1948.
En 1967, dans une guerre défensive, Israël a conquis les hauteurs du Golan contre la Syrie, la Péninsule du Sinaï et la bande de Gaza contre l’Egypte et la Judée et la Samarie contre la Jordanie. Israël était menacé d’un 2ème holocauste et, à l’époque, peu de gens avaient mis en question ses conquêtes. Personne ne parlait à cette époque d’un état Palestinien.
En 1967, sous la pression de l’Urss et des états arabes, le Conseil de Sécurité a adopté la résolution 242 qui parle du retrait militaire israélien de certains territoires conquis – pas tous – dans le contexte d’un accord final de paix. La notion de la souveraineté restait problématique, car non mentionnée.
Ces « frontières » dites aujourd’hui de 67 n’ont jamais concerné un quelconque état bien loin d’exister à l’époque .Israël était en guerre avec la Jordanie ou l’Egypte, alors que l’Autorité Palestinienne les invoque comme des frontières ‘naturelles’ entre un Etat palestinien et Israël .Les « frontières de 1967 » ont encore moins matérialisé un quelconque accord territorial passé entre palestiniens et israéliens !
Dans les faits, le seul problème est que ces frontières n’existent pas et n’ont aucun fondement historique ou juridique. Il n’existe aucune disposition dans aucun des accords signés entre Israël et les Palestiniens qui exige le retrait israélien sur la “frontière de 1967.”
Il n’y a jamais eu d’impératif géographique qui sanctifie les lignes de 1967. La seule ligne qui n’ait jamais existé a été la ligne de démarcation d’armistice de 1949, sur la base des lignes de cessez de feux israéliennes et arabes, en attendant un accord sur une paix permanente. L’accord de 1949 indique expressément que ces lignes n’ont pas de signification politique ou juridique et ne portent pas préjudice aux négociations futures sur les frontières.
Le Conseil de Sécurité de l’ONU a déjà voté une résolution, la numéro 242, qui porte sur ces lignes de 1967. L’ONU a reconnu la nécessité de négocier des frontières sûres et reconnues. D’éminents juristes et des délégués des Nations Unies, y compris en provenance du Brésil et du Canada , ont reconnu que ces lignes ne peuvent pas être considérées comme des frontières internationales. La série d’accords entre l’OLP et Israël (1993-1999) réaffirme la volonté et l’engagement des parties à négocier les frontières définitives. Pendant toutes les phases de la négociation entre Israël et les Palestiniens, il n’y a jamais eu de décision quant à une frontière sur la base des frontières de 1967.
En 2003, la “feuille de route” a en outre réitéré la nécessité de le faire pour les négociations sur les frontières définitives. Avec une intensité continue et croissante, la direction palestinienne est aujourd’hui obsédée par la promotion d’une politique raciste condamnant la la construction juive dans ces territoires disputés. Le veto américain posé dans le cadre du projet de résolution palestinienne sur les constructions juives en territoires disputés, vient donc de remettre les choses en place.
Ftouh Souhail
