Plusieurs reporters étrangers et égyptiens ont été agressés et d’autres, dont des Français, ont été arrêtés au cours des violences au Caire en marge des 18 jours de la révolution égyptienne et des affrontements entre opposants et partisans du président Hosni Moubarak.
Des représentants d’organisations de défense des droits de l’homme ont aussi été interpellés. Ces incidents ont suscité des protestations internationales, de la France aux Etats-Unis en passant par la Grande-Bretagne.
« Peu de rédactions ont été épargnées. Chaque journaliste sur place semble avoir été victime d’un incident », a indiqué l’association Reporters sans frontières qui a publié un bilan des violences contre les journalistes en Egypte depuis le 2 février.
La chaîne de télévision suédoise SVT a annoncé qu’un de ses reporters a été poignardé au cours des violentes manifestations au Caire. Il a été transféré à l’hôpital dans un état qui n’a pas été précisé.
La chaîne de télévision franco-allemande Arte était sans nouvelles de l’un de ses journalistes, envoyé spécial au Caire, arrêté par l’armée égyptienne.
Trois journalistes de la télévision publique polonaise TVP ont été interpellés par la police au Caire, selon un responsable de la chaîne.
La chaîne de télévision satellitaire qatarie Al-Jazira a annoncé aussi que le directeur de son bureau au Caire et l’un de ses journalistes avaient été arrêtés.
La chaîne de télévisionqatarie Al-Jazira a annoncé aussi que son bureau au Caire avait été attaqué par des inconnus qui ont détruit ses équipements.
La chaîne privée Canal+ a fait savoir que deux journalistes d’une agence de presse française qui travaillaient pour elle, ont été arrêtés par des forces de sécurité au Caire.
Paris est resté trois jours sans nouvelles de trois journalistes et d’un chercheur en Egypte selon la chef de la diplomatie française, Michèle Alliot-Marie.
La France avait appellé instamment les autorités égyptiennes à faire cesser « les agissements inacceptables » dont sont victimes les médias étrangers et « d’assurer leur sécurité », a déclaré le Quai d’Orsay.
La Maison Blanche a condamné les attaques « systématiques » contre les journalistes couvrant la révolte en Egypte, les jugeant « totalement inacceptables ».
Le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague a aussi condamné les scènes de violences en Egypte et il a jugé « inacceptables » « l’intimidation et le harcèlement » des journalistes.
Le porte-parole du gouvernement français François Baroin avait que les Français n’ayant « pas d’urgence ou d’ardente obligation à rester sur le territoire égyptien » devaient revenir « dans les meilleurs délais ». Washington avait invité ses ressortissants à faire de même, les enjoignant à se rendre à l’aéroport du Caire d’où sont parti les derniers avions affrétés par le département d’Etat américain.
Le ministère russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avait aussi dénoncé la répression « inacceptable » contre les journalistes couvrant la crise qui secouait l’Egypte.
Le vice-président américain Joe Biden qui s’est entretenu avec son homologue égyptien Omar Souleimane, auquel il avait rappelé que les autorités sont responsables d’empêcher les manifestations de dégénérer dans la violence. Selon le communiqué de la Maison Blanche, il avait souligné que »le gouvernement égyptien doit permettre aux journalistes et militants des droits de l’Homme de faire leur travail important ».
Le géant britannique de la téléphonie mobile Vodafone avait déploré avoir été obligé de diffuser à ses abonnés en Egypte des messages officiels, sans qu’ils soient clairement attribués au gouvernement, et affirme s’en être plaint aux autorités.
Google avait annoncé que son haut responsable commercial du Moyen-Orient et d’Afrique, Wael Ghonim, avait disparu en Egypte.
La Fédération internationale des journalistes (FIJ), dont le siège est à Bruxelles, a écrit au Premier ministre égyptien Ahmad Chafic afin que cessent les attaques contre les journalistes et que son gouvernement s’engage à les protéger. La fédération a indiqué aussi avoir mis en place une « hotline » pour venir en aide aux journalistes en difficulté en Egypte.
Ftouh Souhail