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Le cimetière juif de Sousse (Tunisie) a été profané ce jeudi 24 janvier 2013 par des vandales antisémites qui ont frappé et cassé des pierres tombales. Plus de 68 tombes juives ont été retrouvées profanées, le jour de la fête de la naissance présumée de Mahomet.

Des sépultures juives ont été profanées, stèles renversées et brisées, des pierres tombales et des dalles ont été trouvées renversées ou endommagées. Selon certaines sources, il s’agit de dégradations sérieuses qu’a subi le cimetière juif.

Ces actes venant d’extrémistes musulmans renforce la peur de la communauté juive tunisienne, écœurée par l’absence de réactions des autorités qui regardent faire ou détournent le regard pour laisser faire.

Après les manifestations de haine en Tunisie contre cette communauté, les radicaux s’attaquent aujourd’hui aux morts et aux cimetières. Les islamistes tunisiens cherchent par tous les moyens à faire fuir les quelques familles juives qui ne sont pas encore parties. Les choses semblent évoluer négativement aujourd’hui alors que sous Ben Ali la communauté vivait sereinement. Il y a eu surtout le retour des islamistes radicaux interdits sous le régime précédent. Ils étaient trop dangereux. Mais aujourd’hui ils ne sont plus considérés de la sorte.

La peur monte graduellement dans la petite communauté juive tunisienne, l’une des dernières existant encore dans le monde arabe. La Tunisie, dont le gouvernement a été renversé par un coup d’État en janvier 2011, est passée de « Suisse du Maghreb » à État dirigé par les islamistes. Malgré cela, les Juifs qui sont restés en Tunisie ne veulent pas quitter leur terre.

En 1946 la communauté juive de la ville de Sousse comptait 3.530 âmes environ. En 2013 il ne restait de cette grande communauté que 33 personnes y compris des aînés et des enfants. De toutes ses nombreuses synagogues, il n’en reste qu’une seule : la synagogue “Keter Torah”, fondée par le rabbin Youssef Guez Zal (1860-1934), natif de la ville, grand rabbin de Sousse (1906-1928) et qui devint sous le protectorat français, le premier grand rabbin autochtone de la Tunisie (1928-1934). Cette Synagogue a été déjà souillée en mars 2011 d’inscriptions antisémites à la gloire de la « religion de paix » de Mahomet.

En novembre dernier un dangereux réseau qui préparait des actions terroristes anti-juives, en kidnappant des Juifs de la « Hara » de Zarzis, a été démasqué avant qu’il puisse réclamer de fortes rançons. Un fonctionnaire musulman au service de la communauté juive planifiait ces kidnappings de Juifs pour obtenir une rançon des « Juifs riches ». Le cerveau de ce groupe, était un agent de la sécurité chargé de la protection des Juifs dans le sud tunisien, avait entrepris de recruter des jeunes après avoir obtenu une somme d’argent d’un groupe terroriste libyen.

Ce qui se passe en Tunisie depuis la venue d’Ennahdha est dramatique pour les Juifs. Le nombre de tentatives d’attaques contre eux, en Tunisie, augmente depuis quelques mois. Ces incidents se répètent, on ne peut plus dire qu’il s’agit d’actes isolés.

« Nous nous sentons dorénavant très inquiets », expliquait Perez Trabelsi, le président de la communauté juive du pays au site Magharebia.. « Le gouvernement tunisien doit nous accorder davantage de protection afin de nous épargner ces menaces répétées qui planent sur nos têtes ». « Toutefois, il s’agit de notre pays et nous ne le quitterons pas ; nous avons le droit d’y vivre comme tous les Tunisiens », a-t-il ajouté.

Dans une lettre ouverte, Gilles Jacob Lellouche, un Tunisien de confession juive qui s’était présenté sur une liste aux élections du 23 octobre 2011, avait exhorté les autorités à réagir avant qu’il ne soit trop tard.

De son côté, l’Association tunisienne de soutien des minorités, créée après la révolte, a déposé plainte l’année dernière pour des incidents antisémites en janvier 2012 lors de la visite en Tunisie du chef du gouvernement terroriste du Hamas, Ismaïl Haniyeh, et en février lors d’une tournée d’un prédicateur radical égyptien.

Devant le silence accablant du gouvernement tunisien, des associations et des avocats juifs en Europe ont porté plainte contre Hannibal TV qui a diffusé, le vendredi le 30 Novembre dernier, un prêche violemment antijuif du Sheikh Ahmad Al-Suhayli. L’imam de la mosquée de Radés n’a pas caché sa haine contre les Juifs en disant « Ô Allah, comme vous avez détruit le peuple d’Aad et les Tamud, détruisez cette horde de Juifs… Que leurs femmes soient stériles ». Le religieux tunisien a qualifié les Juifs de « tueurs de prophètes et grands singes» et a prié pour qu’Allah les anéantisse.

La Tunisie est aujourd’hui l’un des foyers actifs principaux du monde musulman de la diffusion de l’antisémitisme. De plus, l’antisémitisme est utilisé par certains milieux radicaux comme levier pour la diabolisation d’Israël. Il serait grand temps que nous nous apercevions enfin que le gouvernement islamiste tunisien refuse de confronter les radicaux salafistes et assume ses responsabilités. De fait les Juifs tunisiens ne doivent se faire aucune illusion sur leur sort.

Les Juifs de Sousse en particulier, qui se sont réveillés ce jeudi sur la profanation de leur cimetière, portent encore un amer souvenir de conditions de vie humiliantes en terre d’islam qui a été marqué par la soumission et la précarité. La communauté juive de Sousse constituée de 1500 personnes en 1857 était soumise au statut de la Dhimma. Des membres de la communauté ont été contraints de porter l’étoile jaune en Tunisie de novembre 1942 à avril 1943.

Ftouh Souhail

Voir : « La communauté Juive de SOUSSE par Claire Rubinstein-Cohen » sur le lien suivant: http://www.juif.org/go-blogs-35379.php

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