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Richard Marceau

Richard Marceau
Avocat-conseil et conseiller principal, Centre consultatif des relations juives et israéliennes
Ex-député fédéral, et récipiendaire du 2012 Helen and Stan Vine Canadian Jewish Book Award.

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Les bouleversements et les conflits sanglants du Proche et du Moyen-Orient (Égypte, Syrie, Liban, Irak notamment) m’amènent à revenir sur un sujet que j’ai effleuré à quelques reprises sur le Huffington Post et sur lequel j’ai écrit dans mon livre Juif, Une histoire québécoise: celui de l’hypocrisie des soi-disant pro-Palestiniens.

J’avance que plusieurs d’entre eux (attention, je ne dis pas tous, mais fréquentant ces enjeux depuis un certain temps déjà, je dis certainement plusieurs) sont en fait anti-Israël plutôt que pro-Palestiniens.

Des exemples concrets et dérangeants

Le 28 août dernier, l’agence de presse palestinienne Maan rapportait que 31 Palestiniens avaient été tués dans les attaques à l’arme chimique en Syrie.

J’ai pensé – rassurez-vous, ça n’a duré que quelques instants – que les groupes pro-palestiniens ici, les syndicats, Québec solidaire ici allaient hurler, dénoncer, manifester contre ce geste barbare.

Mais pensons à cela quelques secondes: qu’aurait été la réaction de ces groupes si, au lieu du régime Assad, Israël avait fait cela?

Ne pensez-vous pas qu’ils se seraient mobilisés? Qu’ils n’auraient pas bloqué les rues pour dénoncer Israël? Qu’Amir Khadir n’aurait pas fait de discours militants? Qu’on aurait accusé Israël de tous les maux de la terre, en utilisant les pires termes pour critiquer cet État?

Comment expliquer – et je demande avec un désir sincère de comprendre – pourquoi quand les Palestiniens sont tués, gazés par des Arabes, ces gens restent silencieux?

Autre exemple qui me dérange : le gouvernement égyptien créé suite au renversement de Mohamed Morsi détruit les tunnels de contrebande entre l’Égypte et la bande de Gaza, ferme la frontière entre les deux territoires, s’apprête à construire une zone tampon (impliquant des démolitions de maisons) et on n’entend ici aucune dénonciation.

Si c’était Israël qui avait complètement fermé sa frontière avec Gaza, et avait détruit tous les édifices – y compris des maisons habitées – sur une distance de 500 m de la frontière Gaza-Égypte, ne croyez-vous pas qu’il aurait été dénoncé vertement? (Et, pour être clair, il est important de noter que des milliers et des milliers de tonnes de denrées se rendent à Gaza à partir du territoire israélien).

Le Liban interdit aux Palestiniens se trouvant sur son territoire l’accès à plusieurs professions, et cet apartheid n’est pas dénoncé. Que dirait-on si Israël empêchait ses citoyens arabes (représentant près de 20% de sa population) d’avoir accès à certaines professions?

J’ai mentionné les réactions au Québec mais ne croyez-vous pas que l’ONU se serait réunie d’urgence? Que la Ligue arabe aurait déchiré sa chemise? Même chose pour l’organisation des États islamiques.

De troublantes questions

Je termine en posant de simples questions.

N’est-ce pas une forme de racisme envers les musulmans eux-mêmes? Quand les Palestiniens sont maltraités par leurs frères arabes, quand – pour élargir le problème – les musulmans s’entretuent, «on» considère cela normal. C’est comme si «on» s’attend au pire de ces derniers. Ne méritent-ils pas mieux?

N’est-ce pas aussi une claire démonstration que plusieurs qui se disent pro-Palestiniens sont en fait plus des anti-Israël? Et cette question en soulève une autre : comment expliquer leur acharnement, leur hargne, leur haine contre le seul État juif de la planète? Cela ne pue-t-il pas à votre nez aussi?

Source : HuffPost, le 08/09/2013

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