Dès le 21 septembre, et pour une durée de quatre mois, le sarcophage de la princesse Hélène d’Adiabène, découvert en 1863 par l’archéologue français Félicien de Saulcy, dans le Tombeau des Rois à Jérusalem, sera prêté par le Louvre au Musée d’Israël.
Le palais royal de la reine Hélène est un bâtiment monumental situé à Jérusalem, juste au sud du Mont du Temple (appelé aussi esplanade des Mosquées) qui a été détruit par les Romains lors de la prise de Jérusalem, en 70 de notre ère. Les ruines du Palais contenaient des pièces de monnaie datables, des vases de pierre et des poteries ainsi que des vestiges de fresques antiques.
Hélène était la reine de l’Adiabène (correspondant à peu près aux frontières des territoires Kurdes aujourd’hui). C’était vraisemblablement la première épouse de son frère Monobaze Ier. Pour éviter les problèmes dynastiques elle avait en effet épousé son frère. Avec Monobaze, elle était la mère d’Izatès II et Monobaze II. Le Talmud dit qu’elle avait sept fils.
Elle est décédée vers l’an 58. Son nom ainsi que le fait qu’elle était mariée avec son frèr indiquent une origine hellénistique. Hélène se convertit au judaïsme vers l’an 30(1).
A la mort de son mari (et frère) Monobaze Ier, Hélène et ses fils semblent avoir passé une bonne partie de leur vie en Judée. En effet, ceux-ci se convertirent eux aussi au judaïsme peu après que leur grand frère Izatès II.
Flavius Josèphe mentionne qu’Hélène possédait un palais à Jérusalem. Il semble que la famille avait aussi un palais fortifié (avec une tour) en Galilée dans le bourg de Migdal. Le Talmud fait aussi référence à elle et à ses fils dans la ville de Lod (Lydda), où la famille semble aussi avoir eu une résidence.
Hélène (aidée de ses fils) est célèbre pour sa générosité et le soutien qu’elle apporta en toutes circonstances au peuple Juif de Judée et de Galilée. Lors d’une famine à Jérusalem, elle envoya des navires pour chercher du blé ou d’autres céréales à Alexandrie et chercher des figues sèches à Chypre et les fit distribuer aux victimes de la famine (2).
Le Talmud parle aussi d’importants cadeaux dont la reine a fait don au Temple de Jérusalem : «Hélène avait un chandelier fait d’or sur la porte du Temple» (3).
Elle a également fait don d’une plaque d’or sur laquelle était écrit le passage du Pentateuque (4). La rigueur avec laquelle la princesse Hélène a observé la loi juive (Torah) est soulignée dans le Talmud (5).
Hélène est morte dans son territoire d’Adiabène peu après Izatès (v. 56-58). Son corps a été ramené à Jérusalem où elle est enterrée dans la tombe pyramidale qu’elle avait construite sa vie durant, à trois stades au nord de Jérusalem.
Flavius Josèphe nous raconte : « Revenue en Adiabène, elle [Hélène] ne survécut guère à son fils lzatès. Monobaze envoya ses os et ceux de son frère à Jérusalem et les fit ensevelir dans les trois pyramides que sa mère avait fait construire à trois stades de la ville » (6).
Ces catacombes sont désormais appelées le Tombeau des Rois. Ce tombeau, bien que situé à Jérusalem, appartient à la France.
Un sarcophage avec l’inscription Tzada Malchata (??? ????? (« Sadah reine »)), en hébreu et syriaque, trouvé au dix-neuvième siècle, est censé être celui d’Hélène .Le sarcophage a été transféré au musée du Louvre.
Fiasant un geste pour le public isralien, le ministre français de la Culture et de la Communication Frédéric Mitterrand a décidé que le sarcophage de la princesse Hélène d’Adiabène soit prêter par le Louvre au Musée d’Israël pour une durée de quatre mois, dès le 21 septembre.
Ftouh Souhail
(1) Les traditions Juives disent que cette conversion aurait été obtenue par Ananias probablement celui qui deviendra grand prêtre et qui est mentionné par Flavius Josèphe.
(2) Flavius Josèphe, Antiquités Judaïques, Livre XX II – 5
(3) Talmud de Babylone, Yoma 37a
(4) Bible Nombres V.19-22
(5) Talmud de Babylone, Nazir 19b
(6) Flavius Josèphe, Antiquités Judaïques, Livre XX IV – 3
