Et Oui c’est vrai ; depuis ce jeudi 13 janvier 2011, les tunisiens n’ont plus peur
Tous ceux qui ont été opprimé, pressuré, humilié, épouvanté, et ravalé au rang d’esclave sont sortis de leur silence et ont relevés la tète très haut.
Devant la colère populaire, le président Ben Ali a donné des gages importants aux manifestants. Lors d’un discours très attendu ce jeudi 13 janvier, il a promis la liberté aux Tunisiens et s’est engagé à ne pas se représenter à l’élection présidentielle de 2014.
Dans l’immédiat, le président a promis la liberté « totale » pour l’information et Internet. Peu après son discours, jeudi soir, les sites Internet qui étaient bloqués en Tunisie, notamment Dailymotion et YouTube, étaient en effet de nouveau accessibles.
Dans un discours prononcé en tunisien dialectal dans une intention apparente de se faire comprendre par tous les Tunisiens (voir la vidéo non sous-titrée), il a admis avoir été « trompé » pendant 23 ans sur l’analyse de la crise sociale qui agite la Tunisie depuis près d’un mois et affirmé que l’enquête qu’il a ordonnée serait indépendante et établirait les « responsabilités de chacun ».
Le président, qui intervenait pour la troisième fois à la télévision depuis le début des troubles, a tenté de répondre au mouvement sans précédent qui a embrasé le pays depuis la mi-décembre.
« La situation aujourd’hui nécessite un profond changement et de travailler main dans la main (le pouvoir et les opposants) pour le bien du pays », a assuré le président tunisien. « Je réaffirme ici que j’ai l’intention d’approfondir la pratique démocratique et de revitaliser le pluralisme », a encore déclaré M. Ben Ali.
Devant la jeunesse tunisienne révoltée, Ben Ali semble avoir reculer et aujourd’hui l’ancien homme fort de Tunisie est obligé de laisser un espace potentiel plus large à la liberté d’expression. Pour la première fois depuis 23 ans, le régime qui menace régulièrement les voix libres semble avoir reculer. Le peuple tunisien a montré qu’il est capable devoir faire son choix démocratique. A la différence avec le passé, les tunisiens ont brisé cette semaine le le barrage psychologique de la peur.
Ben Ali semble avoir compris que La liberté d’opinion et d’expression, qui est bien souvent la première des libertés éliminées dans les régimes totalitaires, est le fruit du bon ordre.
D’ailleurs des milliers d’habitants de Tunis ont bravé le couvre-feu pour exprimer leur joie, quelques minutes après le discours télévisé du président Ben Ali dans lequel il annonçait ne pas avoir l’intention de briguer un nouveau mandat.
La foule célébrait ce jeudi soir sa «victoire». «On a la liberté d’expression, la liberté de l’information, la liberté de l’Internet!», criait Mahmoud, avenue Bourguiba. «On va préparer la démocratie, on va préparer une commission pour juger les corrompus!», ajoutait un de ses amis.
Au prix de bien des morts, les Tunisiens ont obtenu ce qu’ils voulaient, et sur toute la ligne de la liberté. Liberté «totale» de l’information, de l’Internet surtout que des sites étaient bloqués depuis des années tels que YouTube et Dailymotion.
Le soulagement de sortir par le haut de cette crise meurtrière était limpide. «Ben Ali a tout regretté, et maintenant, notre Tunisie toute démolie, on va la reconstruire! Ah, il est beau notre pays! On est un peuple très fier!», jubilait un homme de soixante ans. Une joie et un apaisement palpables, dans les chants, les tambours, les cris d’allégresse de la foule.
Ce mouvement de liesse célébrait aussi la fin de la peur. Plus personne n’a peur de Ben Ali en Tunisie après ce jour du 13 janvier 2011. Le peuple tunisien a longtemps accepté l’inacceptable, parce qu’il avait peur pour son pays et pour sa quiétude. Aujourd’hui la peur est transférée dans l’autre clan. Dans le petit clan de ceux qui ont stocké illégalement les milliards de dollars qu’ils ont volé au peuple tunisien.
Les jeunes Tunisiens ont remporté une grande victoire à l’aube de cette nouvelle année .De nombreux pays, dont l’Algérie, la Chine, la Libye, la Syrie serait jaloux de cette révolte.
Ftouh Souhail, Tunis
