L’armée israélienne et les autorités sanitaires estiment port du masque en public sera bientôt imposé. Israël reste le pays le mieux préparé que les autres.

Nous sommes bien préparés ou peut-être même les mieux préparés que tout autre pays au conoravirus“, a déclaré le Premier ministre Benyamin Netanyahu à propos de la réponse d’Israël à l’épidémie mondiale.

Le ministère de la Santé se prépare à donner l’ordre aux Israéliens de se masquer le nez et la bouche lorsqu’ils se trouvent dans des lieux publics pour tenter d’empêcher la propagation du nouveau coronavirus meurtrier dans le pays.

 Moshe Bar Siman-Tov, le directeur général du ministère de la Santé, a expliqué que compte tenu des circonstances, même un masque improvisé pouvait être utilisé en l’absence d’un masque médical.

Le directeur général du ministère indique que les citoyens peuvent s’en faire avec des bouts de tissu, les masques chirurgicaux revenant aux équipes médicales. Il a cité une déclaration faite par l’Organisation mondiale de la Santé, qui a affirmé que le virus se propageait via des gouttelettes – mucus et salive – plutôt que par voie aérienne.

« Nous sommes en train de contrôler avec un certain nombre d’experts comment les masques improvisés peuvent être utilisés », a dit Bar Siman-Tov. « Les masques habituels, nous en avons besoin pour les équipes médicales. Le public peut en faire avec des morceaux de tissu à placer sur le visage », a-t-il ajouté.

Il a indiqué que le ministère était en train de formuler les instructions concernant l’usage des masques. Ces instructions seront rendues publiques et il a vivement recommandé aux Israéliens de ne pas se précipiter pour acheter des masques dans les magasins – où ils sont devenus des produits communément stockés au vu de la propagation du virus.

De nombreux Israéliens ont déjà pris l’initiative de porter des masques chirurgicaux et des gants en latex par précaution lorsqu’ils sortent.

Le système de santé israélien se bat pour conserver les quantités appropriées d’équipements de protection essentiels pour les personnels médicaux en charge des patients atteints du Covid-19, la maladie entraînée par ce nouveau coronavirus, et notamment des respirateurs et des masques.

Israël mieux préparé que les autres

Selon le Pr. Massimo Galli, directeur du Département des maladies infectieuses à l’hôpital Sacco de Milan à propos de la crise du Coronavirus et l’action menée par les divers gouvernements pour combattre ce fléau : « Il y a un seul pays au monde qui se prépare depuis longtemps à ce genre de catastrophes, c’est Israël, qui dispose de l’un des systèmes de santé les plus avancés au monde et qui a donc pu se préparer depuis longtemps à une crise de cette ampleur ».

Pr. Massimo Galli, directeur du Département des maladies infectieuses à l’hôpital Sacco de Milan

Israël a obtenu le score de 619, devant Singapour (600) et la Slovaquie (580) se plaçant en tête du classement des pays les plus sûrs face à la crise sanitaire causée par le coronavirus, selon Deep Knowledge Group, un consortium d’organisations commerciales à but non lucratif, actives dans le domaine des technologies.

La population israélienne est satisfaite de l’action du gouvernement sur la question du Coronavirus :

  • 19% lui font entièrement confiance et 47% lui font assez confiance, soit 66% d’opinions favorables.
  • 60% des personnes interrogées considèrent que les limitations décrétées par le1er ministre Netanyahu sont justes, 12% à peine estiment qu’elles sont exagérées et 21% qu’elles sont trop légères.

La liste été compilée par le Deep Knowledge Analytics Group et montre ce qui est considéré comme les 30 pays les plus sûrs au monde à l’heure actuelle. Les résultats sont basés sur l’état de préparation du COVID-19 en termes d’équipement, d’installations, de tests, de restrictions de mouvement et d’un certain nombre d’autres facteurs. Israël est en tête de liste, les États-Unis sont au 27e rang et, malheureusement, le Royaume-Uni et la majorité des pays européens ne figurent même pas sur la liste.

L’expert médical américain Martin Zand acclame la réponse israélienne au coronavirus

Par rapport au système de santé décentralisé des États-Unis, la réaction de l’État juif au COVID-19 a été rapide et bien organisée, selon le Dr Martin Zand, professeur en médecine et assistante de recherche à l’université du centre médical de Rochester.

Lors du dernier voyage de l’expert médical américain Martin Zand en Israël, les premiers cas de coronavirus dans le pays venaient d’être diagnostiqués et médiatisés. Il était reparti peu après aux Etats-Unis, mais il avait continué à réfléchir à la pandémie de coronavirus et aux réponses apportées à la maladie dans son pays d’origine et au sein de l’Etat juif.

Le docteur Martin Zand, professeur en médecine et assistante de recherche à l’université du centre médical de Rochester

Zand gère la pandémie en l’appréhendant sous de nombreux angles au centre médical de l’université de Rochester, dans l’État de New York. Médecin praticien, il est le vice-doyen du centre de recherches cliniques et le co-directeur de son Institut de la science clinique et translationnelle. Dans le centre, il coordonne la réponse, en termes de recherche, à la pandémie de COVID-19.

Zand observe les réponses apportées au COVID-19 aux Etats-Unis et en Israël.

« De ce que je peux voir grâce aux informations, la réponse israélienne va, en fait, en plein dans le mille », estime Zand. « La distanciation sociale, les restrictions de voyage, le dépistage et l’état de préparation dans les hôpitaux : la réponse nationale a été très bonne. »

Il se montre un peu plus critique lorsqu’il s’agit des Etats-Unis. Il explique qu’il y a « une pénurie nationale de toute une variété de matériels pour le dépistage du COVID-19 ».

Zand a le sentiment que le système de gouvernement d’États et de comtés décentralisés aux Etats-Unis désavantage parfois la nation. Il note que les États et les comtés ont leurs propres départements de santé publique et « qu’au niveau national, il n’y a pas de coordinateur souverain sur ces efforts menés par les États de la même manière que cela fonctionne en Israël ».

Selon Zand, « le contraste le plus important entre Israël et le système de soins américain, en ce qui concerne la pandémie de COVID-19, c’est qu’Israël a un système de soins centralisé ainsi qu’un système de soins de santé publique central. Ce qui a réellement aidé à coordonner la réponse à la pandémie dans tout le pays ».

Il note également que s’il y a des efforts coordonnés aux Etats-Unis, « il est plus facile de mettre en place une synchronisation lorsqu’il y a un système de soins de santé publique, national et intégré. »

Une différence entre les deux pays qui, selon Zand, se reflète dans la manière dont ils ont tous les deux appréhendé la distanciation sociale. Il explique qu’aux Etats-Unis, parce qu’il n’y a pas de système de santé publique centralisé, les mesures de distanciation sociale « sont adaptées ou redéfinies différemment en fonction des États ».

« Et c’est assurément ce qu’a fait Israël de manière précoce », dit Zand. « Ce sont de bonnes choses. » Ce qui ne signifie pas, par ailleurs, que tout le monde respectera la distanciation sociale, même dans le système israélien centralisé, fait-il remarquer.

Qu’il s’agisse d’un système centralisé ou non, qu’il s’agisse d’Israël ou des États-Unis, Zand recommande de se conformer à des directives de base.

Le Dr Tal Brosh-Nissimov, un épidémiologiste de haut niveau qui aide à déterminer la réponse d’Israël à la pandémie de coronavirus, a averti que le confinement actuel du pays devrait durer au moins jusqu’à l’été et pourrait s’aggraver avant de s’améliorer.

Cet épidémiologiste espère que la chaleur de l’été va ralentir la propagation du virus, mais les Israéliens doivent se préparer à se retrancher à long terme. Il a indiqué qu’il pensait que les restrictions seraient en place au moins jusqu’à l’été.

Brosh-Nissimov est le chef de l’unité des maladies infectieuses à l’hôpital Asuta d’Ashkelon et il est le coordinateur de l’équipe des épidémies du ministère de la Santé, le principal organe consultatif médical qui informe le gouvernement des efforts déployés pour lutter contre la propagation du coronavirus à l’origine du COVID-19.

Des hôtels de Jérusalem et de Tel Aviv convertis en centres d’isolement

Un hôtel en bord de mer à Tel-Aviv et un autre dans le quartier de Giva HaTsarfatit à Jérusalem sont passés de lieu de vacances à lieu d’isolement, accueillant des patients atteints de coronavirus et présentant des symptômes légers. Plusieurs dizaines de patients étaient hébergés à l’hôtel Dan Panorama de Tel-Aviv, situé juste au nord du marché aux puces de Jaffa.

Les nouvelles installations sont gérées par le Commandement de la Défense passive de l’armée, dans le cadre d’un effort visant à alléger la charge des hôpitaux du pays qui doivent faire face à l’augmentation du nombre de patients diagnostiqués porteurs du COVID-19.

Le ministre de la Défense, Naftali Bennett, a déclaré qu’il prévoyait de transformer quatre hôtels en centres de quarantaine. Les deux autres hôtels-hôpitaux – un dans le nord d’Israël et un dans le sud – devraient ouvrir leurs portes dans les prochains jours.

Chacun d’entre eux est conçu pour accueillir environ 500 personnes, avec une capacité de 2 000 personnes si nécessaire.

Le commandement de la Défense passive travaille avec les autorités civiles pour se préparer à la poursuite de l’épidémie.Environ 700 réservistes de la Défense passive ont été mobilisés jusqu’à présent pour participer à cet effort, et 1 300 autres devraient arriver dans les prochains jours.

Plusieurs centaines d’entre eux ont travaillé à l’élaboration de nouveaux matériels éducatifs et pédagogiques sur le coronavirus, tandis que d’autres aidaient le service d’ambulance Magen David Adom à répondre aux appels d’urgence.

La Défense passive a également créé un site web dédié à la maladie (bien qu’actuellement seule une version en hébreu soit disponible) et prévoit de lancer une ligne téléphonique nationale d’information dans les prochains jours.

Le commandement de la Défense passive se prépare également à intervenir et à aider les autorités civiles à effectuer des tests de coronavirus selon le modèle du « drive-in » adopté pour la première fois par la Corée du Sud.

Ce système, dans lequel les tests sur des patients présumés qui restent dans leur voiture, est considéré comme plus rapide et plus sûr que les visites dans les cliniques et les hôpitaux ou les déplacements de professionnels de la santé au domicile des patients

En outre, l’unité se prépare à reprendre les lignes d’approvisionnement d’Israël, si nécessaire, afin de garantir que les personnes en quarantaine aient accès à la nourriture et aux médicaments – ainsi qu’au grand public, si la situation devient suffisamment grave pour perturber la circulation des marchandises dans tout le pays.

Moshe Bar Siman-Tov, directeur général du ministère de la Santé, a déclaré qu’Israël prévoyait d’augmenter le nombre de tests de dépistage du nouveau coronavirus qu’il peut effectuer chaque jour, quadruplant ainsi le nombre de contrôles. Le nombre de tests pour le virus devrait passer de 3000 à 7000 par jour dans quatre grands hôpitaux – l’hôpital Ichilov à Tel-Aviv, le centre médical Soroka à Beer Sheva, le centre médical Beillinson à Petah Tikvah et l’hôpital Poriya dans le nord. 

En outre, le ministère de la Santé a récemment commencé à stocker de grandes quantités de médicaments anti-paludisme et anti-VIH, car ils seraient efficaces pour traiter les personnes gravement touchées par le COVID-19, a rapporté la radio de l’armée. Des « dizaines de milliers » de doses ont été commandées et devraient arriver dans les semaines à venir, selon la radio.

Nouvelles restrictions gouvernementales

Des dizaines de milliers d’Israéliens ont été mis en quarantaine chez eux dans tout le pays, alors que le virus continuait de se propager.  Le gouvernement a renforcé les mesures afin de réduire le taux d’infection, en fermant partiellement l’économie, en limitant fortement la fréquentation des lieux de travail et en exhortant le public à rester chez lui sauf si en cas de nécessité absolue pour le travail, l’approvisionnement en biens de première nécessité ou d’autres affaires urgentes.

Les Israéliens ont reçu l’ordre de rester confinés chez eux à moins de prendre part à un petit nombre d’activités autorisées : achat de produits alimentaires et de médicaments ou courtes promenades réalisées dans une limite de cent mètres aux abords de leur domicile.

Les éventuels contrevenants à ces restrictions peuvent écoper d’une amende allant jusqu’à 500 shekels et sont passibles d’une peine de prison.

Le cabinet a approuvé des restrictions pour la population, une tentative visant à davantage limiter la propagation du coronavirus, avec notamment une interdiction des quorums de prière et des limitations du nombre de personnes assistant à des funérailles et à des circoncisions.

Ces nouvelles directives réduisent également les libertés sur le lieu de travail, cherchant à réduire la main-d’œuvre se rendant sur son lieu de travail à 15?% des effectifs habituels contre 30?% jusqu’à présent. Les personnes qui travaillent hors de chez elles doivent également prendre leur température quotidiennement avant de se rendre à leur travail.

Souhail Ftouh

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