Le vice-président égyptien, Omar Souleimane, annonçant la démission de Hosni Moubarak, à la télévision Al-Masriya, le 11 février 2011.
Le refus de démissionner du président égyptien avait suscité de vives tensions au sein de la classe dirigeante égyptienne la semaine dernière. Selon le Washington Post, le discours de Hosni Moubarak jeudi soir n’a fait qu’exacerber la colère et la frustration de la foule et de l’armée qui aurait ensuite posé un ultimatum au raïs : »Tu démissionnes, ou on te chasse ».
Les dizaines de milliers de manifestants de la place Tahrir du Caire étaient furieux après le discours du président Hosni Moubarak annonçant le transfert de ses pouvoirs à son vice-président mais sans démissionner, et appelaient l’armée à se joindre à la révolte.
Le pouvoir contesté du président Hosni Moubarak a averti pourtant que l’armée interviendrait en cas de « chaos » en Egypte, où les manifestations massives ont gagné de grandes villes et des violences sanglantes ont touché le sud reculé.
L’armée égyptienne a mis en garde ce vendredi 11 février 2011 contre toute atteinte à la sécurité du pays et des citoyens, selon un communiqué lu à la télévision d’Etat.
L’état-major de l’armée égyptienne s’est réuni pour une »rencontre importante » présidée par le ministre de la Défense Mohamed Tantawi, a annoncé l’agence de presse égyptienne. Des milliers de personnes ont afflué parallèlement place Tahrir, au Caire, en vue de faire chuter le pouvoir de Hosni Moubarak. La foule avait réclamé le départ immédiat de M. Moubarak et du vice président Omar Souleimane.
Des centaines de milliers d’Egyptiens ont occupaié durant 18 jours la place Tahrir au Caire. Pour sa part, le vice-président égyptien, Omar Souleimane, a prévenu que la manifestation permanente installée sur cette place « ne pourrait pas être tolérée très longtemps ».
Le pouvoir avait brandit la menace de l’armée, mais le mouvement de révolte lancé par de jeunes activistes sur Internet a été progressivement rejoint par différentes couches de la population égyptienne. L’armée, l’institution la plus puissante d’Égypte, a poussé le rais à démissionner sous la pression de la rue.
Les manifestants antigouvernementaux avaient prévu de marcher sur le palais présidentiel, après la décision du président Hosni Moubarak de rester au pouvoir. Ce climat insurrectionnel, a obligé le vice-président Omar Souleimane de sortir à la télévision d’Etat.
« Compte tenu des conditions difficiles que traverse le pays, le président Mohammed Hosni Moubarak a décidé d’abandonner le poste de président de la République et chargé le conseil suprême des forces armées de gérer les affaires du pays », a déclaré le vendredi 11 février 2011 M. Souleimane dans une brève allocution.
Ftouh Souhail
