Israël est l’un des pays les plus avancés dans le domaine de l’intelligence artificielle (IA), se classant cinquième en recherche et développement dans la liste mondiale Global AI Index dévoilée par le média britannique Tortoise.

 

L’équipe de spécialistes derrière ce travail s’est penchée sur l’innovation, l’investissement et la mise en application de l’IA dans 54 pays et a analysé plus de 100 indicateurs afin de monter sa liste.

Israël a une communauté très active et des centres de recherche à la fine pointe de ce qui se fait aujourd’hui, et beaucoup d’efforts ont été faits à l’échelle du pays pour aider les entreprises en démarrage.Le pays attire des étudiants très brillants et des entreprises qui veulent investir dans le domaine.

La « Start-up Nation se démarque entre autres par la qualité des gens qui œuvrent dans le domaine, se classant au treizième rang dans la catégorie « Talent », avec plusieures gagnants du prix Turing le “Nobel” de l’informatique.

Israël arrive en 3 position mondiale dans la commercialisation de IA.

Le pays s’est par contre classé 46 au chapitre de la stratégie gouvernementale en IA.L’Autorité israélienne de l’Innovation est en charge d’établir les politiques du pays en termes de technologie.

L’intelligence artificielle joue un rôle important dans l’économie israélienne.Selon le IVC Research Center et le cabinet d’avocats ZAG-S&W 2018 Israel Tech Funding Report, les éditeurs de logiciels spécialisés dans les technologies d’IA ont levé un total de 1,89 milliard de dollars dans 171 transactions en 2018, contre 1,5 milliard en 2017 et seulement 397 millions en 2013.

Plusieurs pays se livrent à d’énormes investissements dans les infrastructures liées à l’intelligence artificielle dans le cadre de la course pour la domination technologique dans le secteur de l’intelligence artificielle.

La course pour le leadership dans les technologies basées sur l’intelligence artificielle a commencé dans le monde.

La compétition pour attirer le talent est mondiale : le MIT [Massachusetts Institute of Technology], l’Université [de Californie à Berkeley, les grandes universités de l’Angleterre, de l’Inde, de la Chine…

Un secteur d’avenir

Les différentes branches de l’IA, dont l’apprentissage profond, ont fait des bonds de géant dans la dernière décennie, et le progrès ne devrait pas s’arrêter de sitôt.

En effet, l’IA est vouée à transformer plusieurs domaines dans les prochaines années, dont la médecine, l’armée, le service, la robotique et le jeu vidéo.

Une étude publiée en 2016 par la firme Accenture estime que l’IA pourrait contribuer à faire doubler le taux annuel de croissance économique d’ici 2035 et à faire augmenter la productivité de 40 %.

L’intelligence artificielle – le secteur qui donne aux ordinateurs des capacités d’apprentissage – existe depuis les années 1950. Elle profite actuellement d’une renaissance rendue possible par la puissance informatique plus élevée des puces. Le secteur devrait croître à un taux annuel composé de presque 37 % en 2018 et devrait devenir à un marché d’environ 191 milliards de dollars d’ici 2025, selon MarketsandMarkets, une firme de recherche.

L’intelligence artificielle et l’apprentissage automatique sont utilisés pour une vaste gamme d’applications – de la reconnaissance faciale à la détection des maladies dans les imageries médicales jusqu’aux compétitions mondiales dans des jeux tels que les échecs et Go. Les nations investissent d’ores et déjà d’énormes montants d’argent dans le secteur, qui doit être au cœur de l’avancée de la technologie et qui sera déterminant dans la croissance économique du monde entier

« Les pays et les entreprises qui dominent cette vague d’innovation se tailleront la part du lion dans les bénéfices conséquents, tandis que ceux qui sont à la traîne devront se satisfaire des miettes », explique un rapport de L’Autorité israélienne de l’innovation qui exhorte le gouvernement, les universités et l’industrie à s’unir pour faire progresser l’intelligence artificielle, en concurrence mondiale.

De plus en plus de pays développent actuellement des stratégies nationales dans le secteur de l’intelligence artificielle, établit le rapport, avec 17 pays – notamment le Canada, la Chine, le Danemark, la France, l’Inde, la Corée du sud et Taïwan – qui ont déjà déclaré leurs stratégie dans ce domaine, certains avec des investissements à hauteur de milliers de dollars. La Chine, par exemple, a investi plus de 10 milliards de dollars dans l’IA. Elle est suivie par la Corée du sud (deux milliards de dollars) et la France (1,5 milliard de dollars), note l’Autorité israélienne de l’innovation.

La stratégie israélienne, note le rapport, doit relever un certain nombre de défis essentiels, notamment le renforcement de la recherche universitaire dans le secteur de l’intelligence artificielle, le renforcement du capital humain dans le secteur, le développement des infrastructures informatiques et de données pour la R&D au service de l’université et de l’industrie. Il faut également aider à mettre en œuvre les technologies de l’intelligence artificielle dans toutes les industries.

Les gouvernements doivent avoir un rôle dans le développement de la technologie de l’intelligence artificielle, à la fois parce qu’elle exige des investissements lourds et à long terme dans des infrastructures généralement trop onéreuses pour que les entreprises les assument elles-mêmes et aussi parce qu’un cadre régulatoire est nécessaire pour garantir la transition harmonieuse du processus décisionnaire des humains vers les machines.

« L’Etat d’Israël fait face à des défis significatifs dans le domaine de l’innovation au cours d’une période durant laquelle l’IA s’établir comme la plate-forme technologique centrale de notre génération. Ces dernières années, de nombreux pays riches en ressources ont réalisé que la puissance d’innovation est essentielle à la croissance économique, et ils investissent des sommes énormes dans l’innovation et dans la recherche. Ces défis occuperont le devant de la scène dans les activités de l’Autorité de l’innovation dans les années à venir », a commenté Ami Appelbaum, chef scientifique du ministère de l’Économie et de l’Industrie et président de l’Autorité israélienne de l’innovation.

« En dépit de la menace considérable que représente la concurrence mondiale croissante, nous pensons qu’Israël a d’excellentes chances d’être un leader technologique à l’ère de l’IA », indique le rapport.

L’écosystème de l’innovation d’Israël est « mature et sophistiqué », son milieu universitaire possède de solides compétences informatiques et le pays dispose d’un capital humain qualifié, avec des entrepreneurs qui « se distinguent par leur audace et leur innovation ».

« Alors qu’un petit pays comme Israël ne peut pas rivaliser avec d’énormes investissements en Chine, dans Google ou Amazon, au fil des ans, les entreprises israéliennes ont réussi à devenir des leaders technologiques dans des domaines exclusifs et ont été en mesure de concurrencer des organisations riches en ressources. Ce sont tous des atouts importants qui aideront Israël à s’engager dans la prochaine vague de technologie – la vague d’IA – si nous réussissons à ouvrir la voie à l’industrie », indique le rapport.

Lors des vagues technologiques précédentes survenues dans la révolution numérique, l’Etat juif s’est toujours trouvé parmi les pays à ouvrir la voie – comme cela a été le cas dans le secteur des communications, où l’industrie de la Défense a joué un rôle déterminant, et celui des logiciels, dirigé par les chercheurs académiques. Le gouvernement a également assumé un rôle essentiel dans la promotion de ces secteurs et il doit aujourd’hui agir de manière similaire pour renforcer le développement des technologies de l’intelligence artificielle, dit le rapport.

L’intelligence artificielle va faire partie de nos vies pendant de nombreuses années.

Souhail Ftouh

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