La filiale israélienne de l’entreprise française EDF Renewables a battu les records en termes de prix bas dans le secteur de la production de l’énergie solaire en remportant l’appel d’offres encadrant la construction d’une quatrième installation solaire qui sera située à Ashalim, dans le désert du Negev.

Ce champ de panneaux photovoltaïques, qui devrait commencer ses opérations en 2021, fournira de l’électricité au prix de 8,68 agorots par kilowatt-heure (un kilowatt d’électricité soutenu pendant une heure). Un prix à comparer avec les 40 agorots par kilowatt/heure de la première installation solaire d’Ashalim qui avait commencé à produire de l’énergie à la fin de l’année 2017, a noté le quotidien économique Calcalist, jeudi.

L’installation coûtera, en termes de construction, environ 150 millions de shekels et l’accord a fixé les prix pour une période de 25 ans.

Ashalim possède d’ores et déjà deux champs thermo-solaires qui produisent 120 MW par an, ainsi qu’un champ photovoltaïque qui génère pour sa part 30 MW annuels.

Les installations thermo-solaires utilisent la lumière du soleil qu’elles transforment en chaleur avait de l’utiliser pour l’électricité. Le système photovoltaïque (PV) – favorisé à l’heure actuelle – capture les rayons du soleil et les convertit dans la foulée en électricité.

Le gouvernement s’est fixé l’objectif de générer 10% de l’électricité en Israël à partir d’énergies renouvelables – c’est-à -dire solaire – d’ici 2020 et 17 % d’ici 2030.

Pour assurer ce nouvel accord, l’Etat juif a réduit des facteurs de risque variés – en ôtant, par exemple, les obstacles à la planification et en garantissant que les habitants des Kibboutz locaux ne réclameraient pas d’argent pour l’utilisation des terres concernées.

Il a même versé d’avance près de 30 millions de shekels pour construire une sous-station qui aidera à maintenir la continuité de l’exploitation du champ en cas de dysfonctionnement.

Dans les semaines qui précèdent la conférence sur le changement climatique de l’ONU, la COP26, qui sera organisée en 2020 à Glasgow, le ministère de la Protection environnementale et le ministère de l’Energie recherchent des moyens de revoir à la hausse leur engagement en le plaçant au-delà des 17 %.

La centrale de la « mer des miroirs » dans le Negev

En Août 2019, Israël avait officiellement inauguré les opérations du plus important projet d’énergie renouvelable de la nation – une centrale électrique flambant neuve produisant 121 MW dans le désert du Negev et considérée comme faisant partie intégrante du programme national visant à générer 10 % de l’électricité du pays à partir de ressources durables à l’horizon 2020.

L’inauguration de l’usine Negev Energy, située à Ashalim, a eu lieu en présence du ministre de l’Energie Yuval Steinitz et de l’homme d’affaires américano-israélien Naty Saidoff qui, en 2018, a pris le contrôle de Shikun & Binui, firme de construction qui a été l’un des principaux acteurs du projet.

Les 16 224 miroirs paraboliques de 121 mégawatts de l’usine de 121 mégawatts, équipés d’un demi-million de miroirs (nettoyés deux fois par semaine), capteront la chaleur du soleil et l’achemineront sur 203 kilomètres de tuyaux en acier à isolation en verre.

Dans le passé, avait noté Steinitz, le principal objectif poursuivi par l’Etat juif était d’atteindre la sécurité énergétique. Aujourd’hui, la santé publique est également devenue une priorité et Israël devrait fermer toutes ses centrales au charbon et ne s’appuyer dorénavant que sur des ressources énergétiques propres – comme le gaz naturel et les énergies renouvelables. 95 % des énergies renouvelables au sein de l’Etat juif sont issues de l’énergie solaire, a-t-il indiqué.

Si, dans le passé, 65 % de l’électricité était produite par le charbon, ce dernier ne représente aujourd’hui que moins de 30 % de l’approvisionnement, le reste reposant sur l’exploitation du gaz naturel et de l’énergie solaire.

Les aïeux avaient promis une « terre de lait et de miel », a déclaré Saidoff, actionnaire majoritaire de Shikun & Binui, lors de l’inauguration. Ils n’ont trouvé au contraire « que le désert et des marais. Ils ont asséché les marécages et ils se sont attaqués à la terre aride, la transformant en ressource ».

« Israël a transformé l’eau salée en eau », a expliqué Saidoff, se référant aux usines de désalinisation qui ont été installées dans le pays.

« Et maintenant, le pays utilise le soleil et transforme une malédiction en bienfait. Ceux qui allument leurs climatiseurs à Tel Aviv peuvent maintenant se rafraîchir grâce au soleil du désert », a-t-il ajouté.

L’énergie solaire représente une alternative propre aux centrales électriques fonctionnant au carburant et au carbone, qui contribuent au réchauffement global avec leurs émissions de CO2 qui piègent la chaleur.

Le projet Negev Energy d’Ashalim fait partie de trois parcelles de terres, dans le désert, qui ont été désignées pour assurer la production de l’énergie solaire. Une quatrième parcelle est au programme.

Chacune de ces parcelles utilise une technologie solaire différente. Tous ensemble, ces champs représentent le projet le plus important d’énergie renouvelable et il devrait générer environ 310 mégawatts d’électricité, environ 1,6 % des besoins en énergie du pays – ce qui est suffisant pour 130 000 foyers ou approximativement 5 % de la population israélienne, selon l’Autorité israélienne de l’électricité.

Ces trois parcelles sont constituées des 390 hectares appartenant à Negev Energy, qui génèrent de l’énergie thermique solaire et qui peuvent stocker de l’énergie quand le soleil se couche ; d’une tour solaire de 250 mètres de haut qui produit de l’énergie solaire thermique avec des milliers de miroirs concentrant les rayons du soleil sur sa structure en faisant chauffer une chaudière créant un courant qui active une turbine et génère de l’électricité. Cette tour a commencé à produire de l’énergie à peu-près au même moment que le projet Negev Energy.

Une troisième parcelle utilise des panneaux solaires photovoltaïques plus communs qui convertissent la lumière du soleil en énergie. Et une quatrième sera également outillée de panneaux solaires photovoltaïques.

Quand Israël a émis des appels d’offre pour les projets en combinant les trois technologies – Negev Energy avec sa structure de stockage, la Tour et les systèmes photovoltaïques, l’initiative a été considérée comme avisée, chacun des projets présentant ses propres avantages.

L’énergie thermique solaire génère de l’électricité à partir de la chaleur du soleil et non, comme c’est le cas des panneaux photovoltaïques, à partir des rayons. Parce qu’il faut beaucoup de chaleur pour les usines thermiques solaires, les déserts tels que le Negev présentent des conditions idéales.

L’usine thermique solaire du Negev utilise de « l’énergie par parabole » qui avait été initialement développée par la firme israélienne LUZ International Limited.

 

L’un des plus grands projets d’énergie renouvelable au monde, le complexe tentaculaire du Néguev au sud d’Israël produira 300 mégawatts d’électricité propre tous les jours. Quatre Tours Eiffel pourraient être construites avec les 28 000 tonnes d’acier utilisées par Negev Energy pour construire la centrale thermo-solaire Ashalim dans le désert du Néguev. S’étendant sur 988 hectares de sable, le projet Negev Energy est l’une des deux gigantesques centrales thermo-solaires qui se trouvent côte à côte à Ashalim, à environ 40 km au sud de Beer Sheva.

Au plus fort des travaux de construction, environ 1 300 employés travaillaient pour l’usine, ont fait savoir les responsables, avec notamment 300 membres de la communauté bédouine locale qui avaient été formés dans cet objectif. L’usine emploie aujourd’hui 70 personnes.

En plus de ces deux usines produisant de l’électricité à partir de la chaleur du soleil en utilisant différentes technologies, deux autres usines produiront un total de 70 mégawatts d’électricité en utilisant des panneaux photovoltaïques. La combinaison des technologies en un seul endroit est sans précédent dans le monde.

Au total, le complexe d’Ashalim fournira environ 300 mégawatts d’électricité par jour au réseau national de l’Israel Electric Company,

 

Au cours du processus thermique solaire, la lumière du soleil est absorbée par des miroirs paraboliques soutenus par un cadre en métal à travers tout le champ solaire. Ces miroirs ont la capacité de tourner et de traquer le soleil et ils font chauffer un fluide (une sorte d’huile) qui s’écoule dans des tubes positionnés au centre. Ce fluide atteint une chaleurs d’environ 400 degrés centigrade, et en utilisant des échangeurs de chaleur, l’énergie thermique est alors transférée dans l’eau pour générer un courant qui active la turbine pour produire de l’électricité.

L’avantage que présentent les systèmes de réflecteurs thermiques est qu’il produisent initialement de la chaleur et cette chaleur peut être donc stockée – ce qui est important à savoir s’il faut produire de l’électricité après le coucher du soleil. Les panneaux photovoltaïques, d’un autre côté, produisent instantanément de l’électricité, ce qui rend le stockage de cette dernière moins efficace.

Le projet de Negev Energy utilise un système de stockage à partir de sel fondu qui lui permet de conserver et de fournir quatre heures et demi supplémentaires d’énergie propre chaque jour, à pleine capacité, même après le crépuscule ou durant les journées nuageuses. La moyenne annuelle des opérations quotidiennes est de 11 heures, dit la compagnie sur son site internet. Parce qu’elle peut stocker de l’énergie, l’usine produit 33 % d’énergie de plus que l’usine solaire thermique adjacente, ont expliqué les responsables de l’entreprise.

Quand l’Etat juif avait émis l’appel d’offres pour construire les usines d’énergie solaire à Ashalim, le prix de l’électricité produite par la technologie thermique solaire était presque identique à celui de l’électricité issue de la technologie photovoltaïque, à environ 1,0 shekels par kilowatt/heure. Le montant de la soumission pour l’électricité qui sortirait de l’usine Negev Energy avait été fixé à 0,9 shekels (ou 90 agorot) par kWh, selon des données fournies par le ministère des Finances. Elle serait ensuite, avait-il été décidé, fournie à prix fixe à Israel Electric Corp., seul client de Negev Energy, pour une période de 25 ans.

Chacun des quatre projets Ashalim est financé par des consortiums internationaux basés sur le modèle BOT (build-operate-transfer). Après la construction et 25 ans de fonctionnement, ils seront transférés à l’Etat.

Le projet de Negev Energy de 1,1 milliard de dollars est le plus important projet énergétique d’Israël et l’un des plus grands projets d’énergie renouvelable au monde.

Il est habituel dans de tels appels d’offres de s’assurer qu’il y aura un client pour toute l’électricité produite, les projets, le cas échéant, étant dans l’incapacité de soulever les montants nécessaires pour leur réalisation.

 

Negev Energy est filiale à 50% du groupe israélien Shikun & Binuï.

 

Pour leur part, parce que les prix de l’énergie photovoltaïque ont plongé, les entreprises concurrentes qui, aujourd’hui, utilisent ces technologies peuvent vendre de l’électricité à Israël à des prix aussi bas que 0,15 shekels par kWh, selon l’Autorité israélienne de l’électricité. Ce qui augmente les coûts globaux de l’électricité pour les consommateurs, en bout de chaîne.

Negev Energy est la propriété de Shikun & Binui Renewable Energy, filiale du groupe Shikun & Binui (50 %), de Noy Fund, qui investit dans des projets d’infrastructure (40%) et de TSK (10 %). TSK met en oeuvre des projets déterminants et fournit des solutions technologiques aux centrales électriques utilisant des ressources conventionnelles et renouvelables.

Souhail Ftouh