Dov Yudkowsky le célèbre journaliste israélien, rescapé d’Auschwitz et détenteur du Prix d’Israël en journalisme est décédé le 28 décembre 2010 à l’hôpital de Tel Hashomer, à l’âge de 87 ans.
Yudkowsky est né à Varsovie en Pologne en 1923. A l’âge d’un an sa famille part pour la Belgique. Dans sa jeunesse il intègre le mouvement sioniste socialiste d’inspiration gordonienne (d’Aaron David Gordon). En 1940, sa famille fuit l’invasion nazie et s’installe dans le sud de la France. En août 1942 la famille Yudkowsky est arrêtée par la police de Vichy puis envoyés à Auschwitz. Dov Yudkowsky fut envoyé ensuite dans un camp de travail, il a ainsi réussi à survivre pendant deux ans et demi. Il fut le seul survivant de sa famille.
En 1945 à la libération des camps, il retourne d’abord en Belgique puis très vite parvient à immigrer en Israël, encore sous mandat britannique. Il est intégré par son oncle maternel au sein du Yediot Aharonot, c’est le début d’une grande histoire de journalisme. Dans le même temps il étudie la philosophie, les relations internationales et la culture française à l’Université hébraïque de Jérusalem.
Dov Yudkowsky est celui qui a fait du Yediot Aharonot le premier journal d’Israël (détrôné en 2010 par le journal gratuit Israël Hayom) et rédacteur en chef au journal conservateur Maariv par la suite. Yudkowsky est l’un des grands journalistes du Yediot.
Pendant la guerre des Six Jours Yudkowsky prend l’initiative de donner gratuitement le journal et le fait connaître.Dov Yudkowsky ouvre également le journal à divers points de vue, reflétant différents secteurs et opinions de la société israélienne en plein essor. Le journal se présentait alors sous le slogan : « Toutes les opinions, toutes les informations »
Durant de nombreuses années Yudkowsky a dirigé le journal en coopération avec Noah Moses, son cousin et fils de Yehouda Moses. Ce dernier décède en 1985, l’année suivante Yudkovsky devient rédacteur en chef du journal à la place de Herzl Rosenblum.
En 1989 passe au Maariv, son grand concurrent, et suite à la restructuration du journal et à son acquisition par Robert Maxwell. En 1992 toutefois, à la mort de Maxwell, le journal est racheté par la famille Nimrodi et Yudkowsky quitte le journal.
Le vieux rescapé de la Shoah crée alors l’école de journalisme Koteret qu’il dirige jusqu’à sa mort. Le vétéran du journalisme israélien fut également membre du conseil d’administration de l’Université de Tel Aviv. En 2000 Yudkowsky remporta le Prix Sokolov du journalisme et en 2002 on lui remit le Prix d’Israël en journalisme, le plus grand prix de reconnaissance du pays.
Le Yediot Aharonot du 29 décembre lui a consacré deux grandes pages, le premier ministre Benjamin Netanyaou lui a rendu hommage, tout comme le président Shimon Peres ou encore l’écrivain et prix Nobel de la paix Elie Wiesel.
Dov Yudkowsky a laissé derrière lui une presse libre et un fort esprit d’indépendance.Au cours des soixante dernières années, le journalisme israélien s’est développé, la presse locale a explosé et la communauté des commentateurs intellectuels s’est construit un réel fief.
Ftouh Souhail & Echos d’Israel
