L’artiste franco-algérienne Zineb Sedira, 57 ans, serait la prochaine représentante de la France à la Biennale de Venise, qui aura lieu de mai à novembre 2021.

Cette désignation a déclenché la colère de plusieurs internautes sur les réseaux sociaux, l’accusant d’être une militante du mouvement Boycott, désinvestissement et sanctions, qui vise au boycott d’Israël.

Sur proposition du comité de sélection présidé par Charlotte Laubard, Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, et Franck Riester, ministre de la Culture, ont retenu Zineb Sedira pour représenter la France La plasticienne  représentera la France lors de la Biennale 2021.

La polémique avait démarré suite à un article du site Causeur.fr, qui l’accusait de s’être opposée, en 2017, lors de la Biennale de la Méditerranée à Sakhnine (un village arabe israélien), à l’envoi de ses œuvres, avec deux autres artistes franco-marocaines.

« Le président de la République, qui reconnaît haut et fort que ‘l’antisionisme est une des formes modernes de l’antisémitisme’ (pas plus tard que la semaine dernière, pour la dernière fois), ne peut pas laisser la France être représentée par une antisioniste virulente lors de cet événement prestigieux qu’est la Biennale de Venise », écrivait l’écrivaine Maya Nahum dans sa tribune.

Suite à l’article de Causeur, le président du Crif, Francis Kalifat, s’adressant au ministre de la Culture Franck Riester, avait écrit sur Twitter : « Vive émotion et incompréhension : comment une artiste fervente partisane du BDS, illégal en France, peut-elle représenter notre pays à la biennale de Venise ? »

Dans un message, Bernard-Henri Lévy a lui indiqué : « Comment après l’émouvant voyage de Emmanuel Macron en Israël, la France peut-elle choisir, pour la représenter à la Biennale d’art de Venise, une artiste activiste du BDS, chantre du boycott d’Israël ? »

Il a également partagé la lettre de Jacqueline Frydman, présidente d’ISART, une association de promotion des échanges culturels entre la France et Israël, adressée à Franck Riester.

« Je me fais la porte-parole d’acteurs du milieu de l’art qui sont choqués du choix qui a été fait en la personne de Zineb Sedira pour représenter la France », écrit Jacqueline Frydman.

« La sélection de cette artiste, membre d’une organisation appelant à l’exclusion d’un pays démocratique et de ses artistes avec les dérives antisionistes et antisémites que l’on connaît, est une promotion de la campagne dite BDS dont les appels au boycott d’Israël en France ont été condamnés par la plus haute juridiction française », ajoutait-elle.

Le BDS (Boycott, désinvestissement et sanctions) est une campagne qui promeut les boycotts économiques, culturels et politiques d’Israël, de ses citoyens et de ses entreprises.

Cette nomination fragilise la lutte difficile contre toutes formes de haine, d’actes ou de propos racistes ou antisémites.

Souhail Ftouh

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