
La rencontre entre Vladimir Poutine, Benyamin Netanyahu et son épouse Sara
Israël et la Russie vont coopérer pour assurer le départ des troupes étrangères de Syrie, a affirmé, dimanche le 3 mars 2019, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu en commentant le résultat d’une récente visite à Moscou.
Reçu mercredi par Vladimir Poutine, Benjamin Netanyahu a réaffirmé « très clairement » à son hôte qu’il ne comptait pas mettre un terme aux frappes aériennes israéliennes contre des positions du Hezbollah en Syrie.
« Le président (Vladimir) Poutine et moi partageons aussi le même objectif: le retrait de Syrie des forces étrangères qui sont arrivées après le début de la guerre civile (en 2011) », a ajouté le chef du gouvernement israélien à l’issue du conseil des ministres. « Nous avons décidé de créer un groupe de travail conjoint qui, avec d’autres, s’emploiera à atteindre cet objectif. »
Benjamin Netanyahu n’a donné aucune précision. Moscou n’a pas fait de commentaire dans l’immédiat. La Russie s’est déjà exprimée en faveur du départ des forces étrangères de Syrie, tout en prévoyant d’y maintenir à long terme une garnison.
Face-à-face prolongé entre Netanyahu, Vladimir Poutine et les dirigeants moscovites
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a été ce mercredi à Moscou pour discuter avec le président russe Vladimir Poutine des moyens, selon lui, d' »empêcher l’Iran de s’enraciner » en Syrie.
Accompagné notamment de son chef du conseil de sécurité nationale Meir Ben-Shabbat et du chef du renseignement militaire Tamir Heiman, le Premier ministre israélien été reçu par Vladimir Poutine au Kremlin.
Les pourparlers se sont concentrés sur les moyens d’empêcher l’Iran de s’enraciner en Syrie, d’empêcher que s’enracine un pays qui dit ouvertement que son objectif est de détruire Israël.
L’Etat hébreu redoute que l’Iran et le Hezbollah, alliés du régime de Bachar al Assad, s’enracinent en territoire syrien et forment un nouveau front contre lui.
Cette rencontre constitue le premier face-à-face prolongé entre MM. Netanyahu et Poutine depuis le 17 septembre 2018, date à laquelle des batteries syriennes avaient abattu par erreur un avion russe lors d’une opération aérienne israélienne. La mort de 15 soldats russes avait provoqué de sérieuses tensions entre la Russie et Israël et remis en cause la liberté d’action revendiquée par Israël en Syrie.
Depuis le 17 septembre 2018 , MM. Netanyahu et Poutine se sont parlé à plusieurs reprises par téléphone, mais ne se sont vus que brièvement le 11 novembre à Paris en marge des commémorations de la fin de la Première Guerre mondiale.
« on va évoqué en détail avec le président Poutine comment faire pour que l’armée russe et les forces israéliennes se coordonnent de la manière que l’on puisse empêcher des frictions et des affrontements entre nous », a déclaré mercredi M. Netanyahu.
« C’est l’objectif principal de mon voyage à Moscou », a-t-il ajouté, tout en soulignant qu’il y aussi « d’autres objectifs ».
Israël regarde d’un œil inquiet l’échéance du mois mars, date à laquelle la Russie a promis d’achever la « syrisation des S-300 ». Jérusalem a obtenu un accord avec la Russie sur la poursuite des frappes en Syrie et la neutralité russe vis-à-vis d’Israël. En effet, la Russie ne cesse de renforcer sa présence militaire, politique, économique et commerciale en Syrie, et ce, en totale synergie avec Damas.
L’accord nucléaire iranien (PGAC) a dominé les discussions de Netanyahu avec ses hôtes russes. En tant que signataire du Plan global d’action conjoint (PGAC), la Russie insiste toujours sur l’impératif du respect de son application. Mais les israéliens souhaitent pouvoir y mettre un terme, poussant la Russie à rallier le camp des anti-PGAC.
Avant la conférence de Varsovie du mois dernier, le ministère russe des Affaires étrangères a publié un communiqué dans lequel il a annoncé que la réunion de Varsovie avait pour but de porter atteinte au PGAC et de détruire les efforts de la communauté internationale pour rétablir la paix et de la stabilité au Moyen-Orient. La diplomatie russe a également critiqué le fait que des questions importantes de la région, telles que le dossier palestinien, ne figurent pas à l’agenda de cette conférence que la Russie a boycottée.
L’Iran, le Hezbollah et la Russie sont les alliés du régime de Bachar el-Assad. M. Netanyahu répète à l’envi qu’il ne laissera pas l’Iran, grand ennemi d’Israël, se servir de la Syrie comme tête de pont militaire.
Israël possède la capacité militaire de neutraliser et frapper les systèmes de défense antiaérienne russes S-300. Moscou a de bonnes relations avec Israël qu’il souhaite maintenir, et ne veut pas être impliqué dans un conflit permanent mettant aux prises Israël, la Syrie, l’Iran et le Hezbollah.
Les trois derniers joueurs ne sont absolument pas concernés par les bonnes relations entre la Russie et Israël. Si la Russie reste en dehors du conflit par crainte d’être entraînée dans une guerre à laquelle les USA interviendraient en faveur d’Israël, l’axe Syrie, l’Iran et le Hezbollah n’y voit pas d’objection.
Le Premier Ministre Benjamin Netanyahu et sa femme, Mme Sarah Netanyahu, se sont rencontrés à Moscou avec les chefs de la communauté juive en Russie.
Le Premier Ministre Benjamin Netanyahu a dit lors de la réunion :
» Dans le cadre de la visite ici aujourd’hui, nous sommes très heureux de vous rencontrer. Je suis très heureux et fier que j’ai dirigé l’Etat d’Israël, et bien sûr de représenter le peuple d’Israël, devant le publicrusse, plus d’un million de personnes, a changé le pays , et avec la communauté juive ici en Russie et à Moscou, c’est un pont en direct entre ces deux nations.
Parmi les participants à l’événement : Président du congrès juif russe Yuri Kenner, président de la fédération des communautés juifs de Russie et directeur du Musée Juif et du centre de tolérance rabbi Alexander Bwrwdh et le rabbin en chef de Moscou.
D’après le communiqué de l’ambassade d’Israël, cette rencontre est «appelée à montrer la solidarité dans la lutte contre l’antisémitisme — un phénomène vicieux qui relève la tête dans différents pays — et contre les tentatives de nier l’Holocauste et de réécrire l’histoire de la Seconde Guerre mondiale».
Benyamin Netanyahu est un invité fréquent en Russie, mais cette visite a eu une grande importance en matière de politique étrangère, car elle pourrait être la dernière avant les législatives anticipées en Israël, prévues en avril 2019. Cette visite devait avoir lieu le 21 février, mais le chef du gouvernement israélien l’avait reportée à cause de la situation préélectorale dans le pays — il avait besoin de mener des négociations sur l’entrée du parti nationaliste au sein de sa coalition.
Souhail Ftouh

