Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le dirigeant  des Emirats arabes unis ont convenu de se rencontrer dans un avenir proche, a fait savoir le bureau du Premier ministre alors que le gouvernement israélien vient de donner son approbation initiale au traité historique conclu entre les deux pays.

Netanyahu et le prince Mohammed ben Zayed Al Nahyan se sont entretenus pendant le week-end et ont convenu de se rencontrer « bientôt », selon un compte-rendu de leurs échanges qui a été fourni par le bureau du Premier ministre. Ces entretiens ont été les premiers entre les deux hommes depuis l’annonce de la normalisation des liens entre les deux Etats, le 13 août 2020.

« Ce week-end, j’ai parlé avec mon ami, le prince des Emirats arabes unis, Sheikh Mohammad ben Zayed », a déclaré lundi le Premier ministre, s’adressant aux membres de son cabinet pendant leur réunion hebdomadaire.

Netanyahu a déclaré aux ministres qu’il avait échangé avec Ben Zayed, le qualifiant « d’ami ».

« Je l’ai invité à visiter Israël, il m’a invité à visiter Abou Dhabi », a-t-il poursuivi.

Selon un communiqué émis par l’agence de presse officielle émiratie, Netanyahu a été à l’origine de l’appel et les deux hommes ont évoqué « la progression des relations bilatérales au vu de l’accord de paix que les deux pays ont récemment signé ».

Ces entretiens ont été les premiers entre les deux hommes depuis l’annonce de la normalisation des liens entre les deux Etats, le 13 août dernier.

Après le feu vert donné par le cabinet au traité de normalisation, le Premier ministre et son “ami” des EAU ont appelé à une “plus grande consolidation de la paix au Moyen-Orient”.

Les ministres israéliens ont voté à l’unanimité la présentation du traité de paix au vote des députés à la Knesset. Le parlement devrait débattre et se prononcer sur le « Traité de paix, de relations diplomatiques et de pleine normalisation entre les Emirats arabes unis et l’Etat d’Israël.

Le Premier ministre a dit au prince émirati qu’il était convaincu que, compte-tenu de la popularité du traité de paix au sein de l’Etat juif, il serait approuvé « sans délai » par la Knesset. Les Accords d’Abraham reflètent un « changement spectaculaire » dans la place géopolitique d’Israël, a expliqué le Premier ministre.

Le Premier ministre et le prince ont conjointement appelé à « une plus grande consolidation de la paix au Moyen-Orient, qui contribuera à la stabilité, à la sécurité et à la prospérité de toutes les populations de la région ». Ils ont exprimé leur reconnaissance au président américain Donald Trump pour son soutien apporté à cette initiative.

« Les pays arabes veulent faire la paix avec nous parce qu’ils constatent comment nous avons su transformer Israël en une nation puissante. Ils constatent aussi comme nous nous dressons contre l’Iran, parfois seuls, devant le monde entier. Ils comprennent que nous pouvons leur apporter notre aide dans de nombreux et importants domaines. Ils constatent qu’Israël pourrait ne pas être seulement un fardeau ou un ennemi – mais que le pays peut être un allié essentiel, en particulier en ce moment. »

Il a ajouté qu’il ne doutait pas de ce que d’autres nations arabes et musulmanes viennent bientôt signer, elles aussi, des accords de paix avec Israël.

Dimanche, Trump avait également échangé avec le leader émirati, le félicitant pour « son esprit de leadership dans la signature des Accords d’Abraham », selon un compte-rendu fourni par la Maison Blanche. « Le président Trump a appelé le prince à se saisir de cette opportunité de presser les autres pays du Moyen-Orient pour qu’ils emboîtent le pas aux EAU et qu’ils fassent avancer la paix et la sécurité dans la région ».

En attente de ratification

Dans le scénario très probable où une majorité des 120 membres de la Knesset se prononceront en faveur du traité, ce dernier sera à nouveau présenté au cabinet pour ratification. Une fois ratifié, l’accord entrera en vigueur au sein de l’Etat juif, mais les relations entre les deux pays ne seront pas définitivement établies avant que les EAU ne ratifient eux-mêmes le pacte de normalisation.

Les responsables émiratis ont commencé le processus d’approbation et de ratification des Accords d’Abraham – qui ont été signés le 15 septembre à Washington entre les deux parties – mais il est difficile de dire quand ce processus se terminera pour les rendre effectifs.

Selon l’article 10 de l’accord, le traité doit « être ratifié par les deux parties dans les meilleurs délais, conformément à leurs procédures nationales respectives et il entrera en vigueur après l’échange des instruments de ratification ».

Une fois qu’Abou Dhabi aura envoyé une note diplomatique à Jérusalem, annonçant la fin de la procédure de ratification du pacte, le traité entrera alors en vigueur pour les deux parties et des relations diplomatiques officielles entre Israël et les Emirats seront alors établies.

L’accord ratifié par les deux parties, signé le 15 septembre, sera transmis au secrétaire-général des Nations unies pour être enregistré dans le recueil des traités de l’ONU, une compilation massive de traités internationaux.

En parallèle, les responsables israéliens et émiratis négocient actuellement des accords bilatéraux variés, notamment au sujet de l’ouverture d’ambassades et d’un régime de visas autorisant les Israéliens à se rendre aux EAU.

Populaire parmi la majorité des députés israéliens, il est très probable que le traité de paix soit approuvé lors du vote de jeudi au parlement. Il est toutefois difficile de dire si la Liste arabe unie, une alliance majoritairement arabe, votera en faveur du pacte, de nombreux Palestiniens considérant le traité comme une trahison de leur cause.

Lors de la cérémonie qui a eu lieu le 15 septembre 2020 à la Maison Blanche, Israël et Bahreïn ont signé une « Déclaration de paix » dans laquelle les deux pays conviennent « d’établir des relations diplomatiques pleines et entières » – mais aucun traité officiel n’a encore été signé.

Jérusalem et Manama ont approuvé « une série d’initiatives initiant ce nouveau chapitre de leurs relations », avec notamment le désir de conclure des accords bilatéraux dans des domaines variés et avec l’ouverture d’ambassades respectives.

Souhail Ftouh

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