Des nouveaux F-35I Adir de Tsahal avaient effectué un survol aérien étendu dans le ciel du Moyen-Orient. Ils ont pénétré en Syrie, puis poursuivi au-dessus de l’Irak et ont exploré la zone de passage d’Al-Qaïm, qui sert de point de passage stratégique pour les troupes iraniennes dans le cadre du pont terrestre iranien de Téhéran à la Méditerranée et une zone où sont déployées la plupart des forces supplétives irako-iraniennes opérant sur le sol syrien.

Tsahal devrait, pour ainsi dire, coordonner un tel vol avec la salle de situation russe à l’aéroport de Hmeimim du nord-ouest de la Syrie et avec les forces aériennes alliées américaines opérant dans l’est de la Syrie et l’ouest de l’Irak contre les forces de l’Etat islamique dans la région.

L’Iran réduit ses activités terroristes avec le coronavirus

L’armée israélienne a indiqué que l’Iran réduisait ses activités dans la région alors que le pays est confronté à une épidémie majeure de coronavirus.

Le porte-parole de l’armée israélienne Hidai Zilberman a déclaré à des journalistes que l’armée avait noté une diminution de l’activité terroriste dans la région de la part des ennemis d’Israël, sans nommer spécifiquement l’Iran.

Zilberman a dit qu’il y a globalement une diminution du nombre d’opérations militaires à travers le Moyen Orient dans le contexte de la maladie.

L’Iran compte parmi les pays les plus durement touchés par le coronavirus, avec des centaines de morts, dont récemment un responsable religieux de premier plan.

L’Iran n’a peut-être pas une puissance militaire conventionnelle comparable à celle des États-Unis, mais sa force réside plutôt dans son réseau d’alliés, de partenaires et de groupes armés en tous genres sur lesquels il exerce son influence.

Ce réseau de groupes partenaires et alliés est en grande partie le résultat du travail du général Qassem Soleimani, exécuté par un drone américain le 3 janvier 2020.

Soleimani était le chef de la force Al-Qods, unité d’élite des Gardiens de la révolution, responsable des opérations de ces derniers en dehors du territoire iranien et notamment du recrutement et de l’entraînement de combattants un peu partout au Moyen-Orient.

Soleimani était reconnu pour avoir élargi l’influence régionale de son pays en renforçant les forces chiites, mais aussi sunnites dans certains cas, à travers le Moyen-Orient, pour contrer l’action américaine, saoudienne et israélienne.

L’Institut international pour les études stratégiques (IISS), basé à Londres, a tracé un portrait de l’influence régionale iranienne.

Les chercheurs estiment qu’il existe une quinzaine de milices, groupes armés, alliés et partenaires en tous genres qui gravitent autour de la République islamique, lui permettant d’étendre son influence dans tout le Moyen-Orient, voire jusqu’en Asie du Sud-Est.

Ces groupes ne sont toutefois pas uniformes, soulignent les auteurs du rapport, et le degré de contrôle qu’a Téhéran sur eux est variable.

L’Iran n’a peut-être pas une puissance militaire conventionnelle comparable à celle des États-Unis, mais sa force réside plutôt dans son réseau d’alliés, de partenaires et de groupes armés en tous genres sur lesquels il exerce son influence.

L’Institut international pour les études stratégiques (IISS), basé à Londres, a tracé un portrait de l’influence régionale iranienne.

Les chercheurs estiment qu’il existe une quinzaine de milices, groupes armés, alliés et partenaires en tous genres qui gravitent autour de la République islamique, lui permettant d’étendre son influence dans tout le Moyen-Orient, voire jusqu’en Asie du Sud-Est.

Ces groupes ne sont toutefois pas uniformes, soulignent les auteurs du rapport, et le degré de contrôle qu’a Téhéran sur eux est variable.

Il y a des alliés idéologiques, des alliés stratégiques, des partenaires ponctuels et d’autres qui n’existeraient tout simplement pas sans l’aide de l’Iran.

Dans certains cas, l’Iran cherche essentiellement à influencer leurs actions, comme dans le cas des talibans.

Dans d’autres, il fournit des moyens, notamment militaires, à des partenaires ayant des intérêts semblables; c’est le cas des Houthis du Yémen et du Hezbollah libanais.

Dans d’autres cas encore, comme pour les milices chiites en Irak et en Syrie, le contrôle est direct.

Enfin, le rapport souligne que l’Iran n’hésite pas à s’allier à des sunnites, tels que le Hamas et le Djihad islamique palestinien, ce qui met en évidence que ses intérêts sont géopolitiques plutôt que religieux.

Quel que soit leur statut, ces groupes extraterritoriaux sont maintenant partie intégrante de la force de frappe de l’Iran afin d’atteindre ses objectifs stratégiques.

Ils sont devenus des outils de grande valeur pour permettre à l’Iran d’exercer sa souveraineté hors de ses frontières, souligne le rapport de l’IISS.

L’existence de ce réseau n’est pas nouvelle, loin de là. Depuis des années, ces milices, qui comptent aujourd’hui quelque 200 000 combattants, font partie de la force de frappe des Iraniens.

Depuis 2003, la Force Al-Qods a créé ou nourri, armé, financé, formé et transporté des militants chiites (et parfois sunnites) transnationaux de plus en plus aguerris, capables de combattre simultanément différents opposants sur des champs de bataille déconnectés

Ces réseaux ne disparaîtront pas avec Soleimani, pensent les chercheurs de l’IISS, qui pensent plutôt qu’ils seront un outil pour les représailles éventuelles de Téhéran, qui s’est spécialisé dans la confrontation indirecte.

L’Iran possède une forme de cette capacité depuis 1979, mais sa puissance et son importance ont fortement augmenté au cours de la dernière décennie, au point où elle a apporté à l’Iran plus d’influence régionale et de prestige que son programme nucléaire ou de missiles balistiques, précise le rapport de l’IISS.

En alimentant ces réseaux, Téhéran a deux objectifs, d’une part, protéger la forteresse nationale parce qu’ils ont l’impression de vivre dans un environnement hostile et d’être assiégés. Puis, de projeter leur influence à l’extérieur : la meilleure défense, croient-ils, est de passer à l’offensive. C’est une manière de compenser leur faiblesse dans les domaines traditionnels de la puissance, puisqu’ils n’ont pas les moyens de lutter contre leurs adversaires régionaux et extra-régionaux sur le champ de bataille traditionnel

C’est d’ailleurs pour les mettre au pas, excédés par leurs actes de déstabilisation régionale, et pressés par les alliés saoudien et israélien, que les Américains ont décidé de durcir le ton à l’égard de Téhéran et de finalement se retirer de l’accord sur le nucléaire iranien de 2015.

Paradoxalement, si son accès au nucléaire est remis en question, ces réseaux deviennent d’autant plus importants pour Téhéran afin de créer une zone tampon autour de son territoire.

Depuis la sortie des États-Unis en mai 2018 de l’accord sur le nucléaire iranien, les relations ne cessent de s’envenimer entre Téhéran et Washington.

Souhail Ftouh

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