La possibilité de l’arrivée en grand nombre des Arabes israéliens aux Emirats contribuera à soulager Israël du fardeau démographique qu’ils représentent.

Les portes des Émirats arabes unis seront grand ouverts pour les Arabes israéliens qui voyageront pour affaires et pour le commerce. Le ministère des Affaires étrangères des Émirats arabes unis ouvrira des consulats dans des villes arabes d’Israël pour faciliter leurs déplacements à des fins de travail et de commerce.

Les EAU voient l’importance d’être à la portée des Arabes en Israël et veulent que leur représentation consulaires soit très forte en Israël. Les Emirats vont exploiter leur poids économique et financier pour tenter d’attirer le plus grand nombre de arabes israéliens.

Mordechai Nisan, le professeur israélien à l’Université hébraïque et auteur du livre “Israël dans l’Est“, a suggéré qu’Israël exploite son accord avec les Emirats pour encourager l’immigration de Palestiniens, car il y en a des centaines de milliers qui pourraient partir travailler aux Emirats, et un plan peut être établi entre les deux pays pour encourager l’immigration des Palestiniens, ce qui faciliterait le fardeau politique et sécuritaire sur Israël, pour qu’ils remplacent les travailleurs étrangers aux Emirats.

Ce plan israélien envers les Arabes dits de 48 part de trois cercles

  • Le premier est l’existence de relations entre les hommes d’affaires palestiniens avec leurs homologues émiratis, les nombres des Palestiniens qui y résident, pourront donc augmenter car il existe une coopération économique et financière depuis des années et ce rapprochement israélien avec les Émirats arabes unis pourrait faciliter le départ de plus de palestiniens ;
  • Le second est la discussion qui se déroule à travers les réseaux de communication entre les deux parties, et leur vision des conditions économiques et de vie en Israël et aux EAU.
  • Quant au troisième cercle, il est représenté par la présence d’une élite de intellectuels juifs, qui poussent vers la normalisation avec la partie émirienne, et avec eux des forces politiques en Israël qui obtiennent publiquement des soutiens émiratis, dont certains sont à la Knesset, et ils sont le fer de lance du projet émirati-israélien.

Les Israéliens n’hésitent pas à parler de ce qu’ils considèrent comme des problèmes sécuritaires, politiques et démographiques liés aux Palestiniens de 48, les Palestiniens constituant 20% de la population d’Israël, avec un taux de 1,6 million, dont la plupart sont concentrés en Galilée et dans le Néguev, tandis que les Juifs sont concentrés uniquement sur la côte, dans un cercle géographique qui ne dépasse pas 90 km2.

Les rivalités démographiques

Alors que la menace économique arrive en troisième lieu, les craintes israéliennes se sont accrues ces dernières années au sujet de ce qu’ils considèrent comme une «invasion» palestinienne-arabe du marché du travail israélien, car il existe un certain nombre de professions et de spécialités que les arabes contrôlent en Israël plus que les Juifs. La profession médicale et infirmière considère que 65% de ses cadres sont des Arabes palestiniens, ainsi que l’ingénierie avec ses spécialisations générales, jusqu’à des disciplines spécifiques et sensibles telles que l’ingénierie informatique, et ces données remettent en question la disponibilité de la main-d’œuvre juive en Israël.

En Israël et dans ses territoires disputés, les Palestiniens seront un jour plus nombreux que les Juifs : ils étaient 43,2 % en 2005 et seront 50 % en 2025, mais, dans un Israël limité aux frontières du 4 juin 1967, les Palestiniens resteront une minorité (autour de 21 %).

Durant la 1ère et la seconde Intifada la fécondité palestinienne où la « guerre des berceaux » a augmenté  dans toutes les catégories sociales mais surtout au sein des plus instruites, considérées de ce fait comme étant les plus politisées et donc les plus susceptibles d’être conscientes de l’importance du facteur démographique. La fécondité y est restée constante – autour de 6 enfants par femme – jusqu’en 2000.

Souhail Ftouh

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