Denis Goldberg, ami et prisonnier de l’ancien président sud-africain Nelson Mandela

Pourquoi les médias dans le monde n’en parlent pas ?  La plupart des gens ignorent qu’une “œuvre” journalistique réellement de informer le publique et trop souvent l’on oublie qu’il s’agit d’une œuvre à produire  avec professionnalisme à laquelle il faut donner un minimum de impartialité.

Ce n’est qu’au moment de lire la presse occidentale ou israélienne pour découvrir qu’un symbole juif de la paix et de la réconciliation, est mort en Afrique du sud. Seule Al-jazserra en anglais rapporte la nouvelle.

L’une des figures de la lutte anti-apartheid en Afrique du Sud, Denis Goldberg, célèbre compagnon de route et de captivité de Nelson Mandela, est mort à l’âge de 87 ans, ont annoncé cette semaine sa famille et la fondation qui porte son nom.

« Denis Goldberg est décédé juste avant minuit le mercredi 29 avril 2020 (…) Il a dédié sa vie au combat pour la liberté en Afrique du Sud », a écrit la fondation dans un communiqué.

Dennis Goldberg, qui était juif, a passé 22 ans en prison pour son activisme contre le régime d’apartheid en s’attaquant au racisme institutionnel en Afrique du Sud.

Considéré comme l’une des personnalités de la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud, il s’est concentré sur le démantèlement de l’héritage de l’apartheid et la promotion de la réconciliation raciale, au Congrès national africain: ANC.

Né de parents communistes, le jeune ingénieur a rejoint au début des années 1960 la branche armée du Congrès national africain (ANC), à la pointe du combat contre le régime raciste blanc au pouvoir en Afrique du Sud.

Denis Goldberg a été arrêté en 1963 avec une poignée de dirigeants célèbres de la cause noire, dont Walter Sisulu, Govan Mbeki et Andrew Mlangeni. Il a été condamné un an plus tard à la prison à vie aux côtés de Nelson Mandela lors du célèbre procès dit de Rivonia.

Denis Goldberg, qui était Juif, a passé 22 ans en prison pour son activisme ; il a succombé à un cancer du poumon à l’âge de 87 ans

Seul blanc à comparaître, il a été séparé de ses compagnons, incarcérés sur l’île-prison de Robben Island, et a été détenu pendant vingt-deux ans dans un pénitencier de la capitale Pretoria.

Dennis Goldberg jouissait d’un profond respect dans le monde en général et en Afrique du Sud en particulier.

« J’avais compris que le racisme en Afrique du Sud était équivalent au racisme dans l’Allemagne nazie », avait déclaré Denis Goldberg l’an dernier en recevant un diplôme honoraire de l’université du Cap.

Honoré à Londres en 2016 avec son compagnon de lutte Ahmed Kathrada, il avait regretté que son pays reste déchiré par les tensions raciales, un quart de siècle après les premières élections libres de son histoire en 1994.

« La ségrégation raciale a été imprimée dans l’esprit de chaque Sud-Africain », avait-il alors regretté, « il reste encore beaucoup de chemin à faire ».

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a salué son « engagement déterminé en faveur d’un leadership éthique », qualifiant son décès de « moment triste pour la nation ».

« Ses valeurs humaines pragmatiques et sa compassion naturelle brillaient comme une chandelle », a pour sa part déclaré l’ex-archevêque du Cap et prix Nobel de la paix Desmond Tutu dans un communiqué.

Considéré comme un des pères de la jeune démocratie multiraciale sud-africaine, Dennis Goldberg rime à jamais dans son pays avec droit de vote pour la majorité noire et fin du régime de l’apartheid. Sa contribution est celle de la non discrimination, de l’intégration, et d’assurer la réconciliation nationale.

Souhail Ftouh